Qui pretium operibus majus inveniunt novis,

Si marmori adscripserunt Praxitelem suo,

Myronem argento."

"Comme ces artistes de notre siècle, qui, pour trouver de leurs ouvrages modernes un prix plus élevé, inscrivent au bas d'une statue de marbre, le nom de Praxitèle, ou celui de Myron, sur une statue d'argent."[192]

[192] Pour avoir une idée de la perfection que les artistes anciens savaient donner à leur travail, voir l'anecdote rapportée par Pline, livre xxxvi., chap. 5, au sujet d'une Vénus, et Ausone, épigram 57, au sujet d'une vache en airain de Myron.

Chez nous ce n'est guère qu'à la Renaissance que ce système a recommencé à se développer.

Tous ceux qui ont visité l'Italie, la contrée par excellence pour cette espèce de duperie, n'ignorent pas les nombreux pastiches d'antiques, en marbre, en fonte, en terre cuite, etc., qu'on y rencontre.

Andreini imitait les plats de faïence à reflet métallique, le fabricant Minghetti de Bologne, les vases à arabesques, sur fond bleu, du 16me siècle, au point d'induire en erreur les commissaires des expositions publiques.

Jean Bastianini était d'une telle habileté, que plusieurs bustes et bas-reliefs, taillés par son ciseau, ornent aujourd'hui des Musées d'Europe, comme œuvre du moyen-âge. Un buste du poète florentin Jérôme Benivieni, acheté à l'hôtel Drouot à Paris, pour treize mille six cent francs, par le Comte de Nieuwekerke, Directeur Général des Musées du Louvre, et un buste en terre cuite, représentant le fameux moine Jérôme Savonarola, vendu à dix mille francs, comme une œuvre d'art du 15me siècle, et jugée telle par d'éminents artistes de l'Europe, sont dus au travail de ce sculpteur.

Tous ces faits et bien d'autres, sont rappelés dans un livre assez peu connu[193] d'Alexandre Foresi, où l'on trouve nombre d'anecdotes sur des amateurs de curiosités qui, quoique très instruits, sont trompés chaque jour dans tous les genres d'antiquités.[194]