— Mon ami, reprit-elle, où êtes-vous donc? Pourquoi si loin?…
J'aime l'odeur de vos cigares… Venez donc ici!

Elle lui montra du bout de son éventail une espèce de gros tabouret qu'elle approcha elle-même de la causeuse.

Roland s'était empressé de se rendre à cet appel. Elle laissa pendre sa blanche main sur la tête du jeune homme, puis, le forçant de se renverser sur le bord de la causeuse, et se penchant alors gracieusement au-dessus de son front, elle le regarda dans les yeux:

— Vous êtes joli! dit-elle à demi-voix.

Et elle reprit sa pose rêveuse, sans cesser de promener sa main sur la tête blonde de Roland.

Après un silence, elle se tourna subitement vers Gandrax:

— Quelle belle soirée, n'est-ce pas? lui dit-elle.

— Très-belle! dit Gandrax.

— J'adore ces premiers soirs d'automne!… Vos cheveux sont comme de la soie, Roland… Avez-vous remarqué, Gandrax, les cheveux de mon mari? Des cheveux d'enfant,… et d'honnête homme!

— Tout à fait, murmura Gandrax.