Victor-François, duc de Broglie, prince du Saint-Empire, maréchal de France, chevalier des ordres du roi, commandant en Alsace, gouverneur des ville et château de Béthune et commandant l’armée française sur le Haut-Rhin;
Et Charles, comte de Broglie, chevalier des ordres du roi, lieutenant-général de ses armées et maréchal-général des logis de celle du Haut-Rhin.
Nous certifions que M. d’Éon de Beaumont, capitaine au régiment d’Autichamp-Dragons, a fait la dernière campagne avec nous en qualité de notre aide de camp; que pendant le courant de ladite campagne nous l’avons chargé fort souvent d’aller porter les ordres du général et que dans plusieurs occasions il a donné des preuves de la plus grande intelligence et de la plus grande valeur, notamment à Hœxter en exécutant, en présence et sous le feu de l’ennemi, la commission périlleuse de l’évacuation des poudres et autres effets du roi; à la reconnaissance et au combat près d’Ultrop, où il a été blessé à la tête et à la cuisse, et près d’Osterwick, où, s’étant trouvé second capitaine d’une troupe de quatre-vingts dragons, aux ordres de M. de Saint-Victor, commandant les volontaires de l’armée, ils chargèrent si à propos et avec tant de résolution le bataillon franc-prussien de Rhées qu’ils le firent prisonnier de guerre, malgré la grande supériorité de l’ennemi; en foi de quoi, nous lui avons délivré le présent certificat, signé de notre main, et avons fait apposer le cachet de nos armes.
Fait à Cassel, le 24 décembre 1761.
Signé: Le maréchal duc de Broglie.
Le comte de Broglie.
Et plus bas:
Par Monseigneur,
Signé: Drouet[37].
L’original de ce certificat a été perdu; mais d’Éon lui-même en publia le texte à Londres en 1764; lors de ses démêlés avec le comte de Guerchy, le maréchal et le comte de Broglie étaient encore vivants, aussi l’exactitude de ce témoignage n’est-elle pas douteuse.