— Et puis, ça n’est pas gênant dans un ménage !… Ça ne coûte rien de nourriture ! On n’a pas besoin de leur donner à manger… Ils vont chercher leur vie dans les ordures de la rue !…
— Oui ! siffla ma mère… et chez le boucher aussi !… Tous les mois, on vous apporte des notes de côtelettes et de gigots !… Ah ! nous avions bien besoin de cela !… merci !…
Mon père haussa les épaules, et montrant le petit chien :
— Allons donc !… Allons donc !… des gigots !… Qu’est-ce que tu chantes ? Une petite bête comme ça… avec quoi veux-tu qu’elle prenne des gigots !…
Ma mère s’obstinait :
— Et s’il pisse sur les meubles ?… C’est toi qui les nettoieras, hein ?…
— On le corrigera… D’ailleurs…
D’un ton persuasif, et comme si cela devait couper court à toutes autres objections :
— D’ailleurs… reprit-il… il s’appelle Bijou !…
Et il le mit à terre, tandis que ma mère soupirait :