Comme Wallenstein, qui «avait cela de commun avec les lions», dit Schiller, j'ai horreur du cri du coq. Dès le matin, ils claironnent une chanson monotone et stupide qui me réveille et qui m'irrite... S'ils n'étaient pas si bien mis—avec trop d'éclat, pourtant—ah! comme on les détesterait!

Les Gaulois, bavards, vantards, paillards, pillards, braillards, guerriers et militaristes, ne pouvaient mieux choisir leur emblème.


Les canards sont bien mieux doués. Il m'est agréable de rendre hommage à leurs vertus. Quoiqu'on leur ait enlevé tous moyens de défense, en les tenant éloignés des rivières et des étangs où ils voguent avec une aisance et une grâce merveilleuses, ils s'arrangent... C'est toujours à l'écart que leurs petites troupes humiliées boitracaillent. Ils n'occupent jamais le milieu des routes, sachant parfaitement qu'ils n'ont rien à craindre sur les bas côtés... Les canards savent beaucoup de choses... Il n'arrive pour ainsi dire pas, qu'on en écrase...

Ni de dindons, non plus.

Les dindons sont bien gardés...

Ils répugnent, d'ailleurs, à se commettre avec la gent prolétarienne des routes... C'est dans des enclos, sortes d'Académies, qu'ils se gonflent d'orgueil, comme des poètes, des artistes, à leur aise.


Mais ce sont les oies que je voudrais réhabiliter.

Je n'ai jamais tant regretté de n'être pas Plutarque, pour conter, comme il faudrait, la vie de ces bêtes illustres. Je ne m'étonne plus, maintenant, qu'on leur ait confié la garde du Capitole... Elles méritaient cet honneur.