[Note 13]: Les eaux tombées du Ciel, etc. θίγειν προσηνέστατος. Un des traducteurs d'Homère prétend que ces mots veulent dire que les eaux du Nil sont flexibles au toucher; mais cette pensée me paroît niaise. Des eaux sont toujours flexibles, à moins qu'elles ne soient gelées. Je crois que προσηνέστατος θίγειν veut dire, douces au toucher. Les eaux du Nil, à sa source, ne sont pas douces au toucher, parce qu'elles sont brûlantes; mais en Egypte, elles ne sont que tièdes. Je n'ai vu d'abord dans ces mots qu'une répétition de ϖιεῖν γλυκυτατος et je ne les ai point rendus; mais je crois que j'ai eu tort, et qu'ils veulent dire qu'on peut s'y baigner.
[Note 14]: Elle tourne contre moi, etc. τοῖς ἓμοῖς, τὸ τοῦ λόγου, καὶ ἐμου κεχρήται ϖτέροις. Elle se sert contre moi, comme on dit, des aîles que je lui ai données. Il faut faire attention que ἐμοῖς ϖτέροις ne veut pas dire mes aîles, comme le dit le latin, mais les aîles qu'elle a reçues de moi.
[Note 15]: Les théories, chez les Grecs, étoient des députations plus ou moins nombreuses, plus ou moins magnifiques, que les villes de la Grèce envoyoient, à certaines époques, à Delphes, à Délos, à Olympie, etc. Le but de ces théories était ordinairement d'offrir un sacrifice, de remplir quelque devoir de religion. On trouve dans le soixante-seizième chapitre des voyages du jeune Anacharsis, une description magnifique des différentes théories qui se rendoient à Délos, pour célébrer des fêtes en l'honneur d'Apollon.
[Note 16]: Sur son visage étoit peint, etc. ἡ ῥίς ἐνεϖαγγελία θὺμου. Son nez annonçoit son courage. On trouve dans le dix-huitième vers de la première idylle de Théocrite, quelque chose de semblable. ........... ἔντιγε πικρος καὶ οἱ ἄει δριμεῖα χολὰ ποτὶ ρίνι καθήται. Il est acariâtre, et toujours une humeur aigre est assise sur son nez. Les anciens, comme on le voit par ces deux exemples, croyoient que les affections de l'ame se peignoient sur le nez.
[Note 17]: Déjà les courtisannes, etc. ἠδὴ δὲ ὄσαι δημὼδεις γυναῖκες μὴλοις τε καὶ ἄνθεσίν ἔβαλλον, εὐμενείαν απ' ἀυτου τίνα, ὡς ἑδοκοῦν, ἐφελκὸμεναι. Déjà les femmes publiques lui jetoient des fruits et des fleurs, s'attirant, comme elles le croyoient, sa bienveillance. C'étoit, chez les anciens, un genre d'agacerie, dont il est parlé dans Aristénète, Lucien, et particulièrement dans le vers 85 de la cinquième idylle de Théocrite.
βὰλλει καὶ μὰλοισι τὸν αἵπολον ὰ κλεαρίστα.
Cléariste jette des fruits au chevrier.
Il n'est personne qui ne se rappelle ces deux vers de l'églogue troisième de Virgile:
Malo me galathea petit, lasciva puella,
Et fugit ad salices, et se cupi antevideri.
La folâtre Galathée me jette un fruit, s'enfuit vers les saules, et veut être vue avant d'être cachée.
[Note 18]: Mais votre fille étoit un astre, etc. τὴνδε κορὼ νι δα τῆς πομπῆς καὶ ὄφθαλμον ἀληθῶς τὴν σὴν θυγὰτερα γνωρίζοντες. Reconnoissant votre fille comme le complément et véritablement l'œil de la fête. J'ai substitué, comme on voit, une autre métaphore à celle d'Héliodore. On trouve dans le dernier livre, vers la fin, cette phrase. νῦν τὴν κορὼνιδα τῶν ἀγὰθων καὶ ὥσπερ λαμπὰδιον δρὰματος τὸν νὺμφιον τῆς κορῆς τοῦτονι τὸν ξὲνον νεανίαν ὰναφῃνὰντες. Ayant montré aujourd'hui, pour complément de biens, et comme flambeau de cette pièce, ce jeune étranger, époux de votre fille. On voit que, dans ces deux phrases, κορὼνις a le même sens, et qu'il veut dire complément.