Κορὠνις en grec, et coronis en latin, signifie une marque en forme de V ou de 7, que l'on ajoutoit à la fin d'un ouvrage qui étoit terminé. C'est pour cela que Martial a dit, liv. 5, épigramme première:

Si nimius videor serâque coronide longus
Esse liber.

[Note 19]: Cet homme ne nous permet pas, etc. οὖτος τἠν ἀπὸ ξὺλου κλὴσιν ἥκειφὲρων. Cet homme vient apportant une invitation avec le bâton. Je me suis contenté de prendre l'idée de l'auteur, et j'ai négligé le sens littéral.

[Note 20]: Je ne vous parlerai point des danses, etc. τὴν ὲνὸπλιον τῶν ὲφηβῶν καὶ πυῤῥιχιον ὀρχὴσιν. De la danse armée et pyrrhique des jeunes gens. Dans la première, le danseur étoit couvert d'une armure; la seconde étoit ainsi appelée, parce que Pyrrhus en étoit l'inventeur.

[Note 21]: Il se lève à l'instant. ὥσπερ οἱ θησαυρῳ προστυχοντες, comme ceux qui trouvent un trésor.

[Note 22]: Ses yeux noyés de larmes, etc. καὶ τὸ φλὲγον βλὲμματος, κὰθαπερ ὕδασιν ἐῳκει τοῖς δὰκρυσιν ἀποσβενυμὲνῳ. Le feu de ses regards sembloit éteint par ses larmes, comme avec de l'eau. J'ai cru devoir ne saisir que l'idée du texte, la présenter clairement, noblement; et, pour y arriver, j'ai laissé κὰθαπερ ὕδασιν.


[NOTES DU SECOND VOLUME]

[Note 23]: Que les Oplites paroissent. ὀπλίται étoient des hommes revêtus d'une armure pesante, qui consistait ordinairement en un casque, une cuirasse, un bouclier, une pique et une épée. Comme je ne pouvois traduire le mot grec que par une longue périphrase, j'ai hasardé le mot Oplite. On le trouve bien dans les voyages du jeune Anacharsis; mais il emporte avec lui l'idée de soldat, comme cher nous le mot fusilier ne désigne pas tout homme armé d'un fusil, mais un soldat armé d'un fusil. Ici le mot Oplite ne désigne qu'un homme revêtu d'une armure pesante.

[Note 24]: Elle tressaille, elle bondit etc. ἀλλ' ἐσφὰδαζεν ἡ βὰσις, καὶ ὁι ϖὸδες ἐσκιρτῶν, ὥσπερ, οιμαι, τῆς ψύχης τῳ θεαγὲνες συνεξαιροὐμὲνης καὶ τὸνδρὸμον σὺμπροθυμουμὲνης. Son siège étoit secoué; ses pieds trépignoient, comme si son ame aidoit Théagènes, et accéléroit la rapidité de sa course. On trouvera que je me suis écarté du texte; mais j'ai cru devoir peindre, avant tout, l'état de Chariclée, les divers mouvemens qui l'agitent, en voyant courir son amant, persuadé que c'est-là ce qui fait le mérite d'une traduction, bien plus que de rendre tous les mots du texte. L'anonyme ne dit rien de toute cette phrase. En général, il a changé tout cet endroit; il fait agir ses acteurs comme nos preux chevaliers dans les tournois. On est tout étonné de voir l'antagoniste de Théagènes se prosterner aux pieds de Chariclée; lui demander la permission de disputer le prix. On est étonné d'entendre Chariclée parler le langage des Blanche-fleur et des maîtresses de nos chevaliers de la table ronde.