[Note 59]: Il ne nous reste plus qu'une ressource. Τελευταῖον οὐν, εἰ δοκεῖ, τὸ του λὸγου, ῥιψῲμεν ἄγκυραν. Jetons, si vous le voulez, comme on dit, notre dernier ancre.

[Note 60]: Pousse un cri. τίς οὖτοσι, βοῶντα κατὲστελλε Βαγὼας. Bagoas fait taire lui criant qui va là. Je me suis contenté de rendre βοῶνθα, pousse un cri, sans rendre τίς οὖτοσι, persuadé que le sens du texte n'est nullement altéré par cette suppression.

[Note 61]: Il écrit une lettre, etc. αγραψὰμενος γὰρ ἅ έβοὺλετο, καὶ λίθῳ τὴν γρὰφην ἑναψὰμενος, σφενδὸνη πρὸς τοὺς ἐναντίοὺς ἠπρεσβευετο, διαπόντιον τὴν ἰκεσίαν τοξευὸμενος. Ayant écrit ce qu'il voulait, et ayant attaché son écriture à une pierre, il députa avec une fronde vers les ennemis, et lança sa prière au-dessus des flots. On trouvera peut-être que j'ai passé légèrement sur cette phrase; mais elle m'a paru une de celles dans lesquelles Héliodore a voulu mettre de l'esprit, et qui n'en est pas meilleure.

[Note 62]: Les Ethiopiens avancèrent, etc. τὸτε δὴ καὶ Αιθίοπες πλησιασαντες ὥσπερ ἀπ' ἐκκλησίας των πορθμειων πρὸς τὸ πολιροκοὺμενον θὲατρον θὲατρον τοῖαδε ἔλεγον. Les Ethiopiens s'étant avancés, de dessus leurs vaisseaux, comme de dessus une tribune, parlèrent à ce théâtre assiégé.

[Note 63]: Ensuite viennent les archers, etc. ὡς ἄν γυμνοι ὄντες πανοπλιας, ασφαλεστερον βάλλοιεν ὐπὸ τοῖς όπλιταις προασπι ζομενοι. Afin que n'ayant point d'armure complette, ils lançassent leurs traits plus en sûreté derrière les Oplites.

Parmi les contre-sens innombrables dont fourmille la traduction anonyme, on remarque celui-ci: Ils étoient suivis des Arbalêtriers et gens de trait, nuds et sans armes, afin qu'ils eussent plus de facilité à tirer leurs flèches. Comment des Arbalêtriers et des gens de trait peuvent-ils être nuds et sans armes? et s'ils sont nuds et sans armes, comment peuvent-ils tirer des flèches? je n'en sais rien.

Il est bien vrai que γυμνοι veut dire nuds; mais cette nudité est déterminée par πανοπλιας, qui veut dire armure complette; de manière qu'ils étoient nuds d'une armure complette.

[Note 64]: On les voit sauter, bondir, etc. πλὲγμα γὰρ τικυκλότερες τῄ κεφάλῃ περιθεντες, καὶ τοῦτο βελεσι κατὰ τὸν κύκλον περιπεῖραντες τὸ μὲν ἐπτερὼμενον τοῦ βελους πρὸς τὴ κεφαλῃ περιτιθενσαι, τὰς δ'ἄκιδας οἷον ἄκτὶνας εἱς το ἐκτὸς προβεβλυὴται. Ayant mis autour de leur tête un tissu en rond, et l'ayant garni de traits tout autour, ils mettent contre leur tête la partie empennée du trait, et en dehors les pointes comme des rayons.

Rien de plus curieux que de voir comment l'anonyme rend cette phrase; il fait dire à Héliodore les choses les plus plaisantes. Par lui, la tête des guerriers d'Hydaspe se trouve être un parc d'artillerie. D'autres fois, dit-il, avec de petits dards, qui partoient de leurs bonnets, comme d'un arc, ils harceloient sans cesse les ennemis, en sautant et en se jouant autour d'eux y comme des satyres.

[Note 65]: Il ordonne à ses médecins, etc. τοῦτο μεν (αἶμα) ἐπαοιδῃ δὶα τῶν τοῦτο εργον πεποιημενων επεσχε. Il arrêta le sang par enchantement, par le moyen de ceux qui faisoient cette fonction. En quoi consistaient ces enchantemens? c'est ce que j'ignore. Au rapport des voyageurs, toute la médecine des peuples d'Afrique, encore aujourd'hui, n'est autre chose que superstitions bizarres et cérémonies ridicules qui, vraisemblablement, subsistent depuis long-tems, et dont l'origine se perd dans la nuit des tems.