VII.—Depuis (?) que je vous aime, je ne m'estime pas une amande, car je ne suis pas près de vous. Cependant je vous cache pour que en cas de besoin vous me serviez de gouvernail et de voile.
Notes:
Texte de Bartsch, Chrestomathie provençale, 6e éd., col. 95-98. Nous écrivons au v. 67 un' amela au lieu de ana mela.
On remarquera an vers 22 une allusion à la «cour» (cortz) qui pourrait donner quelque créance à la légende des «Cours d'amour». Il ne peut pas y avoir autre chose qu'une métaphore.
J'ai trouvé, dans les papiers de Chabaneau, la note suivante, que je transcris: «Lou Brusc, du 18 avril 1880; traduction en vers français de Atressi com la candela, par Ch. D. de la Société des Langues Romanes; à citer dans mon travail sur Richard de Barbezieux.» Je ne sais qui est Ch. D.
Le ms. T attribue cette chanson à Rigaut de Barbezieux; ce dernier était célèbre par sa recherche des comparaisons et plusieurs pièces qui commençaient par Aissi com, Atressi com, lui ont été attribuées de ce chef. On les trouvera énumérées dans notre édition de Rigaut de Barbezieux, actuellement sous presse.
Cette pièce est une des plus célèbres de Peire Raimon; elle se trouve dans dix-neuf manuscrits.
Notes:
Texte de Bartsch, Chrestomathie provençale, 6e éd., col. 95-98. Nous écrivons au v. 67 un' amela au lieu de ana mela.
On remarquera an vers 22 une allusion à la «cour» (cortz) qui pourrait donner quelque créance à la légende des «Cours d'amour». Il ne peut pas y avoir autre chose qu'une métaphore.
J'ai trouvé, dans les papiers de Chabaneau, la note suivante, que je transcris: «Lou Brusc, du 18 avril 1880; traduction en vers français de Atressi com la candela, par Ch. D. de la Société des Langues Romanes; à citer dans mon travail sur Richard de Barbezieux.» Je ne sais qui est Ch. D.
Le ms. T attribue cette chanson à Rigaut de Barbezieux; ce dernier était célèbre par sa recherche des comparaisons et plusieurs pièces qui commençaient par Aissi com, Atressi com, lui ont été attribuées de ce chef. On les trouvera énumérées dans notre édition de Rigaut de Barbezieux, actuellement sous presse.
Cette pièce est une des plus célèbres de Peire Raimon; elle se trouve dans dix-neuf manuscrits.
I.—Vers l'amour parfait vont toutes mes pensées et mes désirs et mes meilleures journées, et près d'Amour je veux bâtir ma maison, parce que je me suis rendu à lui, sincère et d'un coeur fidèle, simplement; quoiqu'il m'accueille mal, je ne veux pourtant cesser de le servir, bien qu'ils soient pénibles et dangereux les tourments qu'Amour fait souvent souffrir à ses fidèles.
II.—Cependant Amour m'a fait tant d'honneur que j'aime d'un coeur sûr et sincère plus et mieux qu'aucun autre homme; si je ne dis pas qui j'aime, c'est surtout par peur de la médisance; pourvu que son doux sourire, son visage et ses beaux yeux, ses manières agréables et distinguées, sa gaieté, son aimable entretien ne me laissent pas montrer qui elle est aux connaisseurs qui savent choisir!
III.—Vos actions sont si nobles et si belles qu'humble et craintif je vous porte un amour sincère; car il n'y a pas au monde d'amant aussi loyal ni aussi sûr que je le suis envers ma dame. Et je sais que je pèche par hardiesse et orgueil, si je dis que je vous aime; aussi convient-il que j'en mouille souvent mes yeux, car jamais je n'aurais dû tourner mon coeur si haut pour aimer.
IV.—Hélas! on ne peut retenir son désir et l'empêcher d'aller là où il veut énergiquement; aussi n'en retire-t-il que douleur et grand mal et il cherche aussitôt et sciemment son dommage. Et sachez, dame, que plus je me plains, plus s'accroissent aussitôt l'amour et le bien que je vous veux; car un doux et agréable penser me naît au fond du coeur, qui nuit ni jour ne peut se séparer de vous.
V.—Je n'ose implorer votre grâce et votre pitié, car je ne trouve personne qui vous soit égale en distinction; cependant quand on secourt les siens et qu'on leur vient en aide, belle dame, on travaille vraiment à son avantage; et comme vous tenez du mérite et de la beauté le sommet le plus élevé, je veux vous servir toujours plus que je n'ai coutume de le faire; et je ne cesserai d'aimer votre honneur et de le tenir cher.
VI.—Noble dame, je vous désire et vous veux plus que tout au monde, car amour parfait m'a entraîné à remarquer votre beau corps, choix dont je me loue.