VII.—Le seigneur Rambertin de Buvalel donne asile au mérite et à la valeur et jamais il ne cessa de maintenir grande gaîté et grande joie.

Notes:

Texte du ms. G, publié par G. Bertoni [Note: Il Canzoniere provenzale della Biblioteca Ambrosiana R. 71 Sup. Dresde, 1912, p. 157. (Gesellschaft für romanische Literatur, t. XXVIII.)], sauf aux vers: 5 setot (ms. setat), 8, où nous lisons Amors; 15, où nous lisons nom avec c; 16, où nous lisons mostrar; 29, qe om (ms. qom); et 41, où nous lisons Ser Rambertis au lieu de Ver R'bertis. (La correction Ser a été déjà faite par M. Bertoni, Rambertino Bavalelli, p. 11.)

De plus, nous avons modifié le premier vers de la str. V, où nous adoptons la leçon du ms. c.

La deuxième tornada n'existe pas dans le ms. G; nous l'empruntons au ms. c.

Ramberti de Buvalel est un troubadour italien du début du treizième siècle qui a exercé dans sa patrie de hautes fonctions administratives et judiciaires (podestat de Milan, Mantoue, Vérone). Ses poésies ont été publiées en dernier lieu par M.G. Bertoni [Note: Rambertino Buvalelli trovatore bolognese e le sue rime provenzali. Dresde, 1908. (Gesellschaft für romanische Literatur, t. XVII.)]. Il fut peut-être en relations avec le troubadour toulousain Aimeric de Pégulhan. Il mourut à Vérone en 1221.

Notes:

Texte du ms. G, publié par G. Bertoni [Note: Il Canzoniere provenzale della Biblioteca Ambrosiana R. 71 Sup. Dresde, 1912, p. 157. (Gesellschaft für romanische Literatur, t. XXVIII.)], sauf aux vers: 5 setot (ms. setat), 8, où nous lisons Amors; 15, où nous lisons nom avec c; 16, où nous lisons mostrar; 29, qe om (ms. qom); et 41, où nous lisons Ser Rambertis au lieu de Ver R'bertis. (La correction Ser a été déjà faite par M. Bertoni, Rambertino Bavalelli, p. 11.)

De plus, nous avons modifié le premier vers de la str. V, où nous adoptons la leçon du ms. c.

La deuxième tornada n'existe pas dans le ms. G; nous l'empruntons au ms. c.

Ramberti de Buvalel est un troubadour italien du début du treizième siècle qui a exercé dans sa patrie de hautes fonctions administratives et judiciaires (podestat de Milan, Mantoue, Vérone). Ses poésies ont été publiées en dernier lieu par M.G. Bertoni [Note: Rambertino Buvalelli trovatore bolognese e le sue rime provenzali. Dresde, 1908. (Gesellschaft für romanische Literatur, t. XVII.)]. Il fut peut-être en relations avec le troubadour toulousain Aimeric de Pégulhan. Il mourut à Vérone en 1221.


VI [No 7 de Bartsch]. I. Enquera·m vai recalivan
Lo mals d'amor qu'avi'antan;
Qu'una dolor mi sent venir
Al cor d'un angoyssos talan, 4
E·l metges que·m pogra guerir
Vol me per traitura tenir,
Aissi cum l'autre metge fan. 7 II. E pogra·m guerir ses afan,
Que ja non traysses pauc ni gran;
Pero sitot mi fai languir,
En re no·lh port pejor talan; 11
Mas si m'alongues de morir,
Ma vida for'al sieu servir,
E ma mort conosc a son dan. 14 III. E ja no·m desesper per tan,
Qu'anc de re non passei son man,
Ni·m vuelf per nulh autre dezir;
De so gart que·lh n'er benestan; 18
Qu'Ipocras, so ai auzit dir,
Ditz que metges non deu fallir
De nulh cosselh qu'om li deman. 21 IV. Doncx, pus pres m'a en son coman,
Ja no m'anes plus languian,
Ni no·m volgues del tot aucir;
Quar no·s cug, si be·m ri ni·m chan, 25
Qu'o puesca longamen sufrir;
Ni no·s poira tostemps cubrir
La dolors qu'ins el cor s'espan. 28 V. Mas ieu atendray merceyan,
Sirven e sufren e preyan,
Tro que denh mos precx eyssauzir;
Mas d'una ren vauc trop doptan, 32
Si·m fai trop dieta tenir;
Si·m sen lo cor afrevolir
Que paor ai l'arma s'en an. 35 VI. Mas si·m fezes un bel semblan
Que m'anes mon cor adoussan,
Enquer cugera revenir;
Quar s'ieu muer, colpa n'aura gran; 39
Per so deu guardar e chauzir.
E s'en cor m'a pro a tenir,
Per Dieu no m'o anes tarzan. 42 VII. Que·l febles cors vai sospiran,
Quar conois qu'ieu mezeis m'engan,
E·m vey tot dia magrezir;
Aissi·m va·l cors e·l sens camjan, 46
Com si l'arm' en devi' issir;
Tan fort m'anguoysson li sospir,
Qu'a pauc tro al derrier no·m van. 49 VIII. A Mon Ereubut prec e man
Qu'a la pro Comtessa prezan
Fassa ma chansonet' auzir;
E si a nul mot malestan, 53
No m'o deu hom a mal tenir:
Que tant ai d'ira e de cossir
Que re no sai que·m vau parlan. 56

I.—Le mal d'amour que j'avais antan va encore se ravivant; car je me sens venir au coeur une douleur et un désir angoissants, et le médecin qui pourrait me guérir veut me traiter par la diète, comme font les autres médecins.

II.—Et il pourrait me guérir sans peine, de manière que je ne souffre ni peu ni prou; cependant, quoiqu'il me fasse vivre dans la douleur, je ne lui en veux nullement; mais s'il retardait ma mort, ma vie serait à son service et je reconnais que ma mort lui causerait du tort.

III.—Et jamais cependant je ne me désespère, car en rien je n'ai jamais enfreint ses ordres et nul autre désir ne me fait changer; qu'il prenne garde à sa bonne renommée (m. à m.> à ce qui lui sera convenable): car Hippocrate, à ce que j'ai entendu dire, dit qu'un médecin ne doit pas se tromper, quelque conseil qu'on lui demande.

IV.—Donc, puisqu'il m'a pris en son pouvoir, qu'il n'aille plus me faire souffrir et qu'il veuille bien ne pas me faire mourir complètement; car qu'il ne pense pas, quoique je rie et que je chante, que je puisse le supporter longtemps; et elle ne pourra pas se cacher toujours la douleur qui se répand dans le coeur.

V.—Mais je patienterai en suppliant, en servant, souffrant et priant, jusqu'à ce qu'il daigne écouter mes prières; mais je crains bien une chose, s'il me fait observer la diète trop longtemps: je sens que mon coeur s'affaiblit au point que j'ai peur que l'âme s'en aille.

VI.—Mais s'il me faisait un bon accueil qui me mît du baume au coeur, encore je penserais pouvoir me remettre; car si je meurs, il sera bien coupable; aussi doit-il prendre garde et faire attention. Et s'il a le désir de me secourir, pour Dieu! qu'il ne tarde pas à le faire!