Notes:

Texte de Raynouard, Choix, III, 124, reproduit dans Mahn, Werke der Troubadours, I, 139. La chanson a été conservée par quatorze manuscrits; parmi les chansons de Peire Raimon, seule celle qui commence par Atressi com la candela a été conservée par un nombre de manuscrits plus grand (dix-neuf).

Au vers 25, le texte de Raynouard donne: Per qu'ela m n'estrenha, dont le sens ne me satisfait pas; je lis, avec B et C: per qu'ela m'estenha; le sens ne me satisfait guère plus d'ailleurs; j'ai longuement hésité pour la traduction de fenher.


IX [No 10 de Bartsch]. I. Pessamen ai e cossir
D'una chanso faire
Qu'a lieys denhes abelhir
Cuy suy fis amaire;
E s'ieu pogues avenir 5
En bos digz retraire,
Far pogra saber
Que ieu plus fin joy esper,
Que nuls natz de mayre. 9 II. Lo cors e·l sen e l'albir
Ai mes e·l vejaire
En lieys honrar e servir,
Quar es la belhaire
Qu'om pogues el mon chauzir, 14
Don no·m puesc estraire
Ni mon cor mover;
Qu'Amors me fai tan temer
Lieys qu'als non am guaire. 18 III. La fina vera valors
Plus d'autra valensa,
E·l pretz, e·l fresca colors
Me platz e m'agensa:
Que si me valgues Amors 23
Tan que m'entendensa
Mi dons abelhis,
Plus ric joy que Paradis
Agr' a ma parvensa. 27 IV. Nulh' autra no·m pot secors
Far ni dar guirensa;
Et on plus en sen dolors
Plus n'ai sovinensa;
Mas ges dire mas clamors 32
No l'aus per temensa;
Tan li sui aclis
Qu'on plus vas me s'afortis,
Mai l'am ses falhensa. 36 V. E fora li benestan
Si·m des alegransa,
Tan qu' aleuges mon afan
Ab douss' acoindansa:
Qu'ieu li suy senes enguan, 41
E non ai membransa
D'als, mas quom fezes
Tot so qu'a mi dons plagues;
Pero pauc m'enansa. 45 VI. Qu'ades m'en vauc meluyran
On plus n'ai pezansa
Vas lieys, e suefri mon dan
Ab bon' esperansa;
E doblera mon talan 50
Sil belha semblansa,
Gentils cors cortes,
Si·t prezes de me merces
O qualsque pitansa. 54

I.—J'ai souci et désir de faire une chanson qui pût plaire à celle dont je suis l'amant parfait: et si je pouvais réussir à le dire en belles paroles, je pourrais faire savoir que j'attends une joie plus parfaite que nul homme né de mère.

II.—J'ai mis mon corps, ma raison et mon jugement à l'honorer et à la servir, car elle est la plus belle que l'on pourrait distinguer dans le monde; je ne puis ni m'en éloigner ni en retirer mon coeur; car Amour me la fait tellement craindre que je n'aime aucune autre personne.

III.—Sa valeur, plus parfaite et plus vraie qu'aucune autre, son mérite, sa fraîche couleur, me plaisent et m'agréent; et si Amour daignait me secourir au point que ma requête amoureuse plût à ma dame, il me semble que j'aurais une joie plus parfaite que le Paradis.

IV.—Aucune autre ne peut me secourir on me guérir; plus j'en éprouve de douleurs, plus j'en ai souvenance; mais, par timidité, je n'ose lui faire entendre mes plaintes; je lui suis tellement soumis, que plus elle s'obstine envers moi, plus je l'aime sans défaillance.

V.—Il lui serait bienséant de me donner tant d'allégresse, qu'elle allégeât mon chagrin avec ses douces manières: car je lui appartiens sans tromperie; et je ne pense pas à autre chose, si ce n'est comment je ferai tout ce qui pourrait plaire à ma dame; mais cela m'avance peu.

VI.—Car je vais toujours en m'améliorant, quand j'ai plus d'irritation envers elle, et je souffre mon dommage en conservant bon espoir: et ce bel accueil, ces belles manières doubleraient mon désir, ô noble corps courtois, si tu avais de moi quelque pitié ou quelque commisération.

Notes:

Texte de Raynouard (ms. C), Choix des Poésies originales des Troubadours, III, 120. La chanson se trouve encore dans le ms. a; texte publié par Stengel, Rev. lang. rom., XLV (1902), p. 132.

Notes:

Texte de Raynouard (ms. C), Choix des Poésies originales des Troubadours, III, 120. La chanson se trouve encore dans le ms. a; texte publié par Stengel, Rev. lang. rom., XLV (1902), p. 132.