Notes:
Nous donnons le texte de cette pièce d'après Raynouard, Choix, V, 326 (reproduit dans Mahn, Werke, I, 138); nous complétons le texte de Mahn-Raynouard en ajoutant la strophe V et la tornada d'après Mahn, Gedichte der Troubadours, No792 (ms. M). La pièce se trouve dans les mss. Da M R sous le nom de Peire Raimon, et dans les mss. l K d (qui forment un même groupe) sous le nom de Uc de la Bacalaria. L'attribution à Peire Raimon paraît sûre.
V. 6. Giardina ne paraît pas se trouver ailleurs que dans ce passage.
V. 9. Ascona, dard, lance; cf. sur ce mot la note de F. Michel, dans Hist. de la guerre de Navarre, de Guilhem Anelier, note à la p. 367. Le mot a existé en ancien espagnol: azcon, azcona; en a. fr. asconne; asc, lance, en anglo-saxon. On rattache le mot au germ. Esche, frêne, la lance étant souvent en frêne; cf. a. fr. fraisnine.
V. 44. Gintart d'Anton doit être le nom d'un chevalier catalan; mais je ne sais rien sur ce personnage.
I.—Puisque je vois paraître la fleur an glaïeul et que le chant des oiseaux me plaît, il m'a pris un désir de faire une chanson avec des mots agréables et une mélodie gaie; et puisque en aimant bien je m'améliore, suivant raison, je dois en faire mieux mots et mélodie; et si mon chant est agréé par ma Dame, il aura beaucoup plus de succès.
II.—Je suis sincère et franc, avec un coeur sincère et vrai, envers celle qui est belle, agréable et parfaite mille fois plus que je ne saurais le dire et elle se tient fermement éloignée de tromperie; car d'aucun suppliant félon, par qui la parfaite courtoisie est détruite, elle n'écoute l'éloge de son mérite.
III.—Et puisque Amour parfait l'attire à moi, par Dieu il ne doit pas m'en venir du dommage, car je lui suis un amoureux si fidèle que rien ne me tient tant au coeur; c'est pourquoi jamais les vils médisants—que Dieu les confonde!—ne devraient me causer quelque dommage, car chacun fait le fanfaron et dit qu'Amour est vaincu par lui.
IV.—Femme promet et femme retire sa promesse; elle se montre orgueilleuse ou accueillante; elle dit par plaisanterie et par ostentation maintes choses avec courtoisie et ses actes sont loyaux et purs, sans don avilissant; et il y a beaucoup de femmes de ce naturel, en qui Mérite parfait est accompli et d'autres où il est honni.
V.—Noble dame, sans vous jamais je ne serai joyeux ni heureux; car je suis celui qui toujours et de tout mon pouvoir exécuterai vos ordres; c'est la déclaration sincère que je vous envoie, et je vous jure que jamais homme ne fut plus loyal que moi envers amour; je fus élevé pour vous servir et j'ai quitté (pour vous) d'autres amours.
VI.—Jamais fossés ni murs ne m'empêcheront de porter ma chanson au vaillant et au preux Guilhem Malaspina, qui est le guide de la valeur, car personne ne le lui conteste.
Notes:
Texte de Raynouard, Choix, III, 122, réimprimé dans Mahn, Werke der Troubadours, I, 144.
L'envoi (str. VI), dont l'importance historique est grande pour la biographie de Peire Raimon, ne se trouve que dans le ms. D, comme l'a fait observer M.G. Bertoni, qui en donne le texte (Trovatori d'Italia, p. 14). Ce ms. D (Modène) attribue d'ailleurs la chanson par erreur à Rambertino de Buvalel. Guillem de Malaspina, à qui est adressée la présente chanson, régna de 1194 à 1220. Il fut chanté par Albert de Sisteron, Aimeric de Pégulhan, qui fit un planh sur sa mort, et peut-être par Falquet de Romans.
Notes:
Texte de Raynouard, Choix, III, 122, réimprimé dans Mahn, Werke der Troubadours, I, 144.
L'envoi (str. VI), dont l'importance historique est grande pour la biographie de Peire Raimon, ne se trouve que dans le ms. D, comme l'a fait observer M.G. Bertoni, qui en donne le texte (Trovatori d'Italia, p. 14). Ce ms. D (Modène) attribue d'ailleurs la chanson par erreur à Rambertino de Buvalel. Guillem de Malaspina, à qui est adressée la présente chanson, régna de 1194 à 1220. Il fut chanté par Albert de Sisteron, Aimeric de Pégulhan, qui fit un planh sur sa mort, et peut-être par Falquet de Romans.