V.—Mais il ne convient pas à un parfait amant de soulever une querelle; il doit cacher les sentiments de son coeur, accepter avec reconnaissance le bien et le mal qui lui vient d'amour; car avec des qualités courtoises un homme est tenu pour excellent; et qu'il se garde bien de faire sciemment quelque faute, car d'un bon lieu vient une bonne récompense; et si galanterie et courtoisie n'existaient pas, il n'y aurait ni mérite, ni service d'amour ni honneur.
VI.—Dame, si je me suis adressé (?) à vous, c'est pour que vous me donniez conseil, car il s'en faut de peu que l'amour parfait que je vous porte et mes profonds soupirs ne causent ma mort; et si vous connaissiez mon coeur, il me semble bien que vous en auriez de la joie, car il ne consent à aucun autre amour; et ma bonne raison ne peut me séparer ni m'éloigner de vous, tant votre image gaie m'est au fond du coeur.
VII.—Dame Béatrix d'Est possède mérite et valeur, beauté, joie et jeunesse, sans nul défaut, et toutes belles qualités et toutes belles manières; jamais Dame ne sera ni ne fut avec tant de qualités sans aucun défaut.
Notes:
Texte du ms. c, d'après Stengel, Die altprovenzalische Liedersammlung c, NoCXXI. Nous avons fait quelques changements purement orthographiques: nous rendons ç du ms. par tz ou simplement z (après une nasale). Ex. ms. toç, aduç = totz, adutz; ms. amanç = amanz. A l'intérieur des mots nous rendons ç par ss, s ou z, suivant les mots: doplança = doplansa, graçir = grazir, etc. Nous rendons z final du ms. par tz: ms. renduz = rendutz. Quelques variantes sont empruntées au ms. U, publié dans l'Archiv für das Studium der neueren Sprachen, XXXIII, p. 421.
Enfin nous avons fait quelques corrections, qui sont les suivantes: v. 5, ms. jor, corr. joi (avec Stengel); v. 30, ms. sos plagues co volgressetz (sis... volgressetz U), Stengel a déjà corrigé sos en sius; v. 17, ms. non; v. 37 leu (au lieu de leve) c et U; faut-il écrire brug ou brugz? Probablement la première forme (bruç c/b>, bruz U); v. 53 non per c, nom pot U.
V. 18. Le second hémistiche paraît une répétition du premier hémistiche du vers précédent; il vaudrait peut-être mieux donner à membransa son sens assez ordinaire d'intelligence, jugement (cf. v. 19); mais dans ce cas le double sens du mot, qui est peut-être dans l'intention du troubadour, n'apparaît plus.
V. 26. Ms. e sazos.
V. 58. Il s'agit de Béatrix d'Esté, fille d'Azzo VI, marquis d'Esté, née en 1191. Après avoir vécu dans le monde elle prit le voile entre 1218 et 1220 et mourut en 1226. Elle a été chantée par Rambertino Buvalelli, Aimeric de Pégulhan, Guilhem de la Tour, Falquet de Romans. Cf. Bergert, Die von den Trobadors genannten oder gefeierten Damen, p. 81.
Notes:
Texte du ms. c, d'après Stengel, Die altprovenzalische Liedersammlung c, NoCXXI. Nous avons fait quelques changements purement orthographiques: nous rendons ç du ms. par tz ou simplement z (après une nasale). Ex. ms. toç, aduç = totz, adutz; ms. amanç = amanz. A l'intérieur des mots nous rendons ç par ss, s ou z, suivant les mots: doplança = doplansa, graçir = grazir, etc. Nous rendons z final du ms. par tz: ms. renduz = rendutz. Quelques variantes sont empruntées au ms. U, publié dans l'Archiv für das Studium der neueren Sprachen, XXXIII, p. 421.
Enfin nous avons fait quelques corrections, qui sont les suivantes: v. 5, ms. jor, corr. joi (avec Stengel); v. 30, ms. sos plagues co volgressetz (sis... volgressetz U), Stengel a déjà corrigé sos en sius; v. 17, ms. non; v. 37 leu (au lieu de leve) c et U; faut-il écrire brug ou brugz? Probablement la première forme (bruç c/b>, bruz U); v. 53 non per c, nom pot U.
V. 18. Le second hémistiche paraît une répétition du premier hémistiche du vers précédent; il vaudrait peut-être mieux donner à membransa son sens assez ordinaire d'intelligence, jugement (cf. v. 19); mais dans ce cas le double sens du mot, qui est peut-être dans l'intention du troubadour, n'apparaît plus.
V. 26. Ms. e sazos.
V. 58. Il s'agit de Béatrix d'Esté, fille d'Azzo VI, marquis d'Esté, née en 1191. Après avoir vécu dans le monde elle prit le voile entre 1218 et 1220 et mourut en 1226. Elle a été chantée par Rambertino Buvalelli, Aimeric de Pégulhan, Guilhem de la Tour, Falquet de Romans. Cf. Bergert, Die von den Trobadors genannten oder gefeierten Damen, p. 81.
I.—Tu n'as aucun talent, Peire Raimon, et ton esprit est vil; ton savoir ne vaut pas deux deniers angevins parmi les gens bien élevés; je tiens pour ignorant celui qui te fait du bien ou te donne des honneurs; et sache que je ne te donnerai rien, quelque besoin que tu en aies, mais (je te donnerai) parce que tu es venu ici pour moi.
II.—Seigneur, vous êtes mou et lâche an milieu de vos voisins; le pain et le vin nous manquent, ainsi que l'or et l'argent; mais moi, mon talent est noble, si vos paroles sont méchantes; et si j'ai jamais quelque chose de vous, jamais, auprès de quelque homme que ce soit, jamais, dis-je, je n'essuierai de refus.
III.—Pierre, mon sens me fut peu utile, quand je vous provoquai à une tenson; car votre talent est parfait, vous êtes distingué et aimable; votre équipement (?) est grand (votre préparation est grande?) et les chants sont agréables; et il n'y a pas de jongleur qui fît des folies aussi tard, ni qui fît plus tôt de bons discours.
IV.—Vous êtes si large et si bon connaisseur que vous donneriez en deux matins tout l'avoir de Paris; Joie et Jeunesse vous plaisent, seigneur, et votre hardiesse est grande, où vous faites mainte entreprise; je ne connais pas d'homme plus affable que vous, et si jamais j'ai dit du mal de vous, que tout le monde sache que j'en ai menti.