L'hôte leur exhiba alors triomphalement un horrible véhicule ressemblant beaucoup à une gigantesque araignée. Un petit siège, avec une boîte mobile destinée à mettre des chiens, tout par sa disposition semblait désagréable et ridicule. Les touristes se regardèrent avec indécision.

—Qu'en dites-vous? demanda enfin Philéas.

POLYPHÈME, haussant les épaules.—Dame! pour laid, c'est laid! il n'y a pas à dire. Mais enfin, c'est transportable et nous n'avons que cela sous la main.

SAGABABA, se récriant.—Maître à moi peut pas aller là dedans. C'est impossible... pas assez de place pour trois.

PHILÉAS.—Est-ce que je songe à t'emmener aujourd'hui, petit imbécile! Je n'ai pas besoin de toi; nous ne faisons qu'une promenade en voiture.

SAGABABA, vivement.—Maître à moi prend pas Sagababa?

PHILÉAS.—Ma foi non!

SAGABABA, insistant.—Sagababa pas vouloir quitter maître à moi! Lui aller sur genoux de maître à moi. Bien, comme ça?

PHILÉAS.—Idée saugrenue! Tu crois que je vais t'empiler sur nous et m'écraser de ton poids? dans une promenade d'agrément! va te promener à pied où tu voudras; je te donne congé jusqu'à ce soir. Allons voir le cheval à présent, Polyphème.