Pour ôter l'obstacle qui suit l'ignorance, il est nécessaire que chacune tâche de bien étudier le traité de l'Oraison, & qu'elle prenne garde à bien pratiquer toutes les régles de la Méditation, qui sont données pour la faire en diverses matieres propres à méditer.
Il est convenable que l'on fasse souvent en commun des répétitions de ce qui aura été médité, parce que faisant ainsi, l'une aidera l'autre.
Ce seroit encore un bon moyen pour recevoir de plus grande lumiere de s'humilier quelquefois auprès de la Mere Prieure, lui rendant compte comme elles se comportent à l'Oraison, lui découvrant quel progrès elles y font, & quels sont leurs défauts; puisque par le moyen de telle humiliation Notre-Seigneur leur conferera de plus grandes graces. Et s'il y avoit quelque Religieuse si timide qu'elle n'eut pas la hardiesse de se manifester à la Supérieure; la Mere fera ensorte qu'il y ait quelque Religieuse bien experimentée, à laquelle elle puisse recourir pour être aidée dans ses exercices spirituels.
Outre ceci la Superieure aura soin que celles qui ne possederoient pas encore assez la pratique de l'Oraison (quoique Professes) soient instruites par quelqu'une bien experimentée en cela, jusques à ce qu'elles y soient bien dressées; & toutes doivent regarder comme une grande faveur d'être aidées en ce saint exercice.
Remede contre le Sommeil.
Chapitre VIII.
Pour être aidée contre le sommeil, il convient de faire autant qu'il sera possible, que les Sœurs reposent convenablement au tems ordonné.
Lorsque quelqu'une s'apercevra qu'une autre dormira, elle tâchera de l'éveiller, & celle qui aura été éveillée fera effort sur elle-même, afin de demeurer vigilante, se servant à cet effet de quelque remede, tel cependant qu'il ne trouble point les autres; comme seroit de se tenir sans être apuyée, étendre les bras, se serrer les mains, & choses semblables.
Remede contre la lacheté dans le Service Divin.
Chapitre IX.