Qu'elles parlent à genoux à la Mere Prieure jusqu'à ce qu'elle leur ait permis de se lever. Et qu'elles s'accoutument à lui découvrir leur cœur, & à la Maîtresse avec une grande sincerité pour la gloire de Dieu, & de sa sainte Mere, comme faisant un acte de grande humilité, de mortification & de grand profit pour elles-mêmes, afin qu'elles soient mieux, & plus assurément conduites & aidées.
Lorsque quelqu'une tombera dans quelque faute que la Maîtresse ne s'en trouble pas, ni ne s'en étonne point, mais agissant avec douceur & amour, qu'elle l'exhorte à quitter tel défaut, & à exercer la vertu contraire, plûtôt en vûë de plaire à Notre-Seigneur son Epoux, & à sa très-sainte Mere, que pour d'autre fin, celle-ci étant plus haute, plus noble, plus méritoire & plus efficace pour bien faire toutes choses, & avec plus de facilité, que toute autre; puisque l'amour surmonte toutes les difficultés.
Lorsque quelqu'une sera trop fervente, & remplie de trop grands désirs, elle la retiendra avec prudence autant qu'il sera nécessaire, la renvoyant souvent à la Mere Prieure.
Et encore qu'elle l'avertisse souvent de la façon dont se comportent les Novices, consultant avec elle sur les choses importantes, & principalement lorsque quelqu'une sera tentée, afin qu'elle fasse prier les Sœurs pour elle, sans la nommer, & que l'on lui donne les remedes nécessaires en avertissant encore le Confesseur.
Dans le tems de la consultation pour la profession d'une Novice, qu'elle n'y paroisse passionnée ni affectionnée; mais envisageant Dieu, qu'elle dise son avis avec bonnes raisons, & non pas ce qu'elle voudroit selon sa propre inclination parce que suposer à une Novice des vertus qu'elle n'a pas par quelque affection particuliere; & au contraire par quelque aversion, ou quelque mécontentement reçû par elle, l'accuser de ce qui n'est pas, ce seroit un grand peché.
Et ce qui se dit de la Maîtresse se doit encore entendre pour les autres Religieuses qui doivent donner leur voix pour la profession d'une Novice.
Régles des Portieres.
Chapitre XXVII.
1. Il y aura deux Portieres, lesquelles assisteront à la porte, dont la plus ancienne aura une des clefs; & lorsqu'il sera necessaire d'ouvrir la porte, la seconde Portiere ira demander celle de la Mere Prieure, & après s'en être servie elle la lui reportera.
2. Elles ne laisseront entrer aucune personne sans la permission par écrit de l'ordinaire, remise premierement à la Mere Prieure, & après avoir reçu d'elle sa permission.