—Merci, je n'attendais pas moins de vous.
Le baron accompagna le vicomte jusqu'à la grille du parc où se tenait Pastouret, tenant en main le cob tout sellé.
Un instant, il s'écarta de la grande allée pour montrer à son hôte le mausolée monumental qu'il avait fait élever au milieu d'un épais massif.
—Voici, dit-il d'un ton pénétré, l'image de celle dont le souvenir restera éternellement gravé au fond de mon cœur.
Charaintru se découvrit et s'approcha du socle sur lequel reposait le buste en marbre de la baronne, et il considéra un instant l'œuvre de Romagny.
—Un chef-d'œuvre de ressemblance! Et c'est à vous que je le dois, continua le baron, vous, qui m'avez fait connaître M. Romagny, un bien grand artiste... Pas de jour, depuis trois ans, que je ne sois venu ici donner une pensée à celle que j'ai perdue et à qui je dois tout!
—Décidément, fit Charaintru en s'éloignant, vous êtes un sentimental et je ne plains pas la belle Pauline!
Il serra une dernière fois avec effusion les mains que lui tendait le baron et sauta en selle.
—Merci encore de votre aimable réception. Comptez sur moi! Et à bientôt!
Puis, apercevant Pastouret toujours debout, à la tête de son cheval, il mit vivement la main à sa poche.