—Non pas! non pas! riposta Charaintru. J'ai rencontré Pauline Marzet toute seule place Saint-Sulpice et je l'ai vue comme je vous vois.
—Vous êtes sujet aux hallucinations, mon cher! Pauline Marzet est malheureusement bien morte! dit Jacques résolument, navré qu'il était qu'un autre que lui et surtout un bavard aussi dangereux que le vicomte eût surpris le secret de la pauvre femme.
—Je n'ai pas été le moins du monde le jouet d'une hallucination! repartit Charaintru.
—Alors, vous lui avez parlé?... Que vous a-t-elle dit? demanda Jacques, plus impressionné qu'il ne voulait le paraître.
—Hélas! je n'ai pas osé l'accoster! soupira le gommeux.
Jacques respira. Et Charaintru allait raconter à quelles investigations il s'était livré, quand l'arrivée d'un nouveau personnage arrêta net les paroles sur ses lèvres.
Darcy, le mari de la dame de la place Saint-Sulpice, était devant lui et il tendait tout souriant la main à Jacques de Guermanton!
—Heureusement je te trouve! s'écria Raymond. J'avais une peur bleue que tu ne fusses parti! J'ai enfin gagné ma cause et nous partons quand tu voudras! Le plus vite possible! Marguerite consent!... Mais je te dérange, je te demande pardon, ajouta-t-il en remarquant la présence de Charaintru.
—Mais pas du tout! fit Jacques, que la présence du vicomte gênait horriblement. Monsieur de Charaintru! ajouta-t-il, monsieur Raymond Darcy, un ami de vingt ans, qui devient l'intendant de mon domaine de Rouchamp!
Les deux hommes se saluèrent.