—Un immense! C'est qu'il est malheureux à Paris et que, par comparaison avec le Luxembourg, qu'il voit de ses fenêtres, il trouvera les murs de Rouchamp, où il sera heureux, beaucoup plus gais... et il s'y attachera et surveillera plus attentivement les cultivateurs... Comme il est intelligent, il ne sera pas long à se mettre au courant...

—Ce qu'il y a de certain, dit Jeanne, c'est que je n'irai pas souvent lui rendre visite!

Son mari eut sur les lèvres le mot:

—Heureusement!

Il avait sur le cœur la ressemblance de Marguerite et de Pauline et, bien loin d'en parler, il craignait d'y penser lui-même.

Mais la cause de l'aversion de Jeanne pour le Morvan tenait à une autre cause.

Un malheureux accident avait plongé dix ans auparavant sa famille dans le deuil.

Son unique frère s'était tué avec son fusil, en sautant une haie, dans la propriété de Rouchamp.

Cependant, l'événement récent qui l'avait mis en présence de celle qu'au fond de son cœur il tenait bien réellement pour l'ancienne institutrice de ses enfants, lui donna la curiosité de savoir ce que pensait exactement sa femme au sujet de Pauline.

Il amena adroitement un jour la conversation sur le compte de la défunte baronne et il put se convaincre que Jeanne se consolait de la mort de Mlle Marzet par cette réflexion simple, et topique, que cette jolie personne était trop extraordinaire, et que son suicide avait dû être simplement l'explosion d'une maladie mentale qu'elle couvait depuis le temps où elle avait habité la patrie des thugs, des mancenilliers et des serpents.