—Y aurait-il beaucoup d'ouvrage pour vous convertir? demanda le prêtre de son air le plus simple.
—Oui. Pourquoi?
—Parce que le meilleur moyen de me subjuguer serait de remplir votre devoir pascal, fût-ce à la Toussaint.
—La proposition est tentante, dit le baron, mais j'avais songé à remplacer le clocher de votre église. Ce moyen de vous agréer me semblait très édifiant.
—Rien ne serait plus édifiant que votre conversion, répliqua le prêtre avec un recueillement grave.
—Vous l'aurez peut-être pour le bouquet. Voyons, suis-je assez coulant?
—Vous voudriez que je le fusse davantage, dit le curé. Maintenant, si je résiste, c'est que je ne suis pas M. de Foy. A chacun sa profession. Je confesse les gens qui se marient, je console les mal mariés en leur conseillant la patience, mais conclure les mariages n'est pas mon affaire. Et je ne pousse personne à se lier, n'ayant que peu d'exemples à citer aussi beaux que celui de la famille de Guermanton. L'apôtre n'a-t-il pas dit:
«—Mariez-vous, vous ferez bien! Ne vous mariez pas, vous ferez encore mieux! Ce que vous disant, je vous épargne!»
C'est donc épargner les gens, ajouta le curé en regardant Pauline, que de leur parler comme je fais. C'est leur éviter peut-être des épreuves cruelles, des déceptions inattendues, des détresses, des naufrages!...
—Mais un clocher! insista le baron, sans se déconcerter. Un curé peut-il faire mépris d'une offre pareille? Cherchez bien autour de vous un particulier même pratiquant, même généreux, qui vous fasse venir à ses frais de Paris un clocher en zinc, agrémenté, neuf, et muni de son coq et de son paratonnerre. Je vous dis que vous ne le trouverez point.