—Ainsi, dit Pauline, émue de tant de bonté, tout ceci est bien à moi dorénavant?

—Vous êtes tout à fait chez vous ici et il en sera parlé dans votre contrat de mariage,—au grand contentement, je pense, du baron Pottemain, qui m'avait déjà pressenti pour savoir si je serais disposé à lui faire la cession de ce terrain.

—S'il en est ainsi, je puis donc en disposer?

—Pleinement et dès aujourd'hui.

—Alors permettez-moi de vous le rendre. S'il est vrai de prétendre que les petits cadeaux entretiennent l'amitié, il ne l'est pas moins que les grands cadeaux risquent de la détruire. Je consentirais même plutôt à vous devoir la vie que la fortune. Vous avez des enfants...

—Appelez-vous cette langue de terrain une fortune? demanda M. de Guermanton.

—Comparée à zéro, c'est tout un pays.

—Jeanne et moi en avons disposé d'un commun accord et maintenant nous aimerions mieux le doubler que de le reprendre, dit Jacques avec force, n'est-ce pas, Jeanne?

—Certainement, dit Mme de Guermanton, ce que mon mari fait est bien fait.

—Il me reste alors, repartit Pauline, à vous bénir et à vous exprimer ma profonde reconnaissance en vous priant de me pardonner les offenses bien involontaires dont j'ai pu me rendre coupable envers vous!