Réunis après dîner, le garde-chasse et Victorine tenaient conseil. Tous deux paraissaient soucieux.

—Comment trouves-tu la nouvelle patronne? demanda enfin Victorine.

—Jolie femme, répondit Pastouret, mais elle n'a pas l'air commode.

—Faudra voir, répartit la servante, à lui rabattre un peu son caquet, si elle se permet de faire trop la maligne... Après tout, nous sommes aussi chez nous... nous autres... à Bois-Peillot!

—Le Sournois a l'air de tenir à elle... As-tu vu comme il filait doux?

—Je lui laisse passer son premier temps... à celui-là... puisqu'il n'y a pas eu moyen de l'empêcher de faire la bêtise!... Aller chercher une fille de rien! C'est trop fort!... Mais aie pas peur, mon tour reviendra...

—En attendant, c'est lui qu'a repris le dessus et au jour d'aujourd'hui, il ne nous regarde quasiment plus...

—Pourtant... si on voulait? fit Victorine avec un rire méchant.

—Si on voulait, c'est bientôt dit? repartit Pastouret, m'est avis, à moi, que ça serait cracher en l'air... Et que ça pourrait ben nous retomber sur le nez...

—Allons donc! on n'est que des domestiques... Lui, c'est le maître! C'est sur lui que ça retomberait tout!