Nombreuses et profondes salutations, et je sortis.

Au ministère, je fus reçu par un très haut fonctionnaire, mais celui-là digne des fonctions qu'il remplit, aussi affable que l'autre était glacé.

Je lui rendis compte de la démarche que je venais de faire.

—Larroumet a dit la vérité, me dit-il, et le ministre a confirmé l'interdiction depuis deux jours. Toutefois, comme j'ai été prévenu hier de votre visite, j'ai voulu en avoir le cœur net et j'ai lu votre brochure. La voilà, là... sur mon bureau. Je vous fais compliment. Je trouve cela très drôle, très amusant, sans danger... et je ne m'explique pas que Larroumet se soit opposé à la représentation. Tous les jours on entend au concert des choses plus raides... Tenez, j'ai fait mieux, pour voir. Bien que le ministre, surchargé de besogne, soit à peu près inabordable, je suis parvenu à lui faire lire votre pièce ce matin... en déjeunant... Ça l'a fait rire...

—Et son avis?

—Comme moi. Pas de quoi fouetter un chat.

—Eh bien, alors?

—Eh bien, alors, il a signé, il y a deux jours, l'interdiction sur le rapport de Larroumet. Que Larroumet revienne sur son rapport, il reviendra sur sa décision. Voyez Larroumet.

Mais, rue de Valois, M. Choppard, je veux dire M. Larroumet ne me reçut plus. Par son secrétaire particulier, un garçon fort gentil, un peu confus de la commission, il me fit dire qu'il serait trop heureux de m'annoncer lui-même une bonne nouvelle, mais que malheureusement la situation restait la même.

Toutefois, si je pouvais parvenir à lui faire envoyer par le ministre l'ordre de laisser faire, je ne rencontrerais chez lui aucune résistance.