Personne ne trouvait grâce devant lui et il devint bientôt le maître absolu de l'établissement.

Sa mère riait aux éclats chaque fois que Jean commettait une mauvaise farce.

Loin d'être à l'abri des méchancetés de son fils, le vieux Tabary devint sinon le souffre-douleur, du moins le continuel objet des tracasseries du petit tyran.

Il partageait ses journées maintenant entre ses stations chez les mastroquets et le découpage à l'aide de scies minuscules de petites planchettes dont il confectionnait des étagères ou des coffrets. Il avait monté, à cet effet, un tour dans la caravane qui lui était affectée.

Le plus grand plaisir de Jean était de démonter ou de briser les objets qui avaient souvent coûté à son père de longues heures de travail.

Si le vieux parlait de se plaindre, Jean prenait les devants:

—M'man! c'est ton soulaud de mari qui vient encore nous embêter avec ses découpages.

—Et la mère, indulgente, souriait et congédiait l'ancien photographe.

—Laisse donc faire cet enfant... Voyons, faut bien qu'il s'amuse! C'est de son âge!

Le seul, qui trouvât grâce devant l'affreux galopin, était Boyau-Rouge, dont l'autorité d'associé et les violences lui en imposaient. Il se souvenait toujours d'une correction que lui avait infligée le bonisseur, un jour qu'il avait voulu toucher à son tambour.