—Et moi je suis assez de tout seul pour défendre les miens... Seulement, comme je suis trop vieux pour céder, que je ne veux pas me laisser manger la laine sur le dos par un galopin, ce sera lui qui partira ou bien moi... Choisis!

—Mon fils ne me quittera pas!

—Eh bien! ce sera moi! D'après notre traité, nos parts sont égales... la liquidation sera donc bien simple. La moitié du tout pour chacun de nous...

—Joseph!... Tu n'y penses pas... Nous quitter après quinze ans d'une association si heureuse?

—Heureuse, c'est possible, mais qui ne tarderait pas à devenir désastreuse, si je n'étais résolu à y mettre bon ordre... Je te le répète, choisis... lui ou moi!

—Mon choix est fait! répliqua Louise d'un ton sec. Je n'aime que mon fils au monde... Il te gêne! je refuse de te le sacrifier... Il restera avec moi... Quant à toi, fais ce que tu voudras.

—C'est ton dernier mot.

—Oui.

—Eh bien! nous nous séparerons, et nous verrons la suite quand je ne serai plus là pour réparer ses sottises. Moi, je ne suis pas inquiet, je suis, au contraire, très satisfait d'une circonstance qui me permettra enfin d'être seul maître chez moi. Au revoir!

Et dès le lendemain, les deux associés procédaient à la liquidation générale de l'établissement.