Passer outre, il n'y fallait pas songer; mieux valait se résigner. Il donna donc des représentations où Zézette ne parut, à son grand désespoir, qu'en parade et dans ses exercices les plus anodins, avec Loustic et l'éléphant Moquart.

De ville en ville, les mêmes embarras se répétaient.

A plusieurs reprises, la santé d'Amélie nécessita des arrêts dans des bourgades infimes qu'il eût fallu brûler, car les frais d'installation n'eussent pas été couverts par la recette.

Et cependant il fallait chaque jour assurer la subsistance des animaux, payer le personnel, subvenir aux dépenses de toutes sortes.

Dans une grande ville du centre de la France, il eut enfin le secret de la difficulté, qu'il éprouvait a obtenir, depuis son départ de Milan, l'autorisation de s'installer.

L'histoire du pseudo-accident survenu à Zézette, grossi démesurément par la presse locale, avait été reprise par les journaux français, et nulle part on ne voulait assumer de responsabilité.

Il était arrivé à Nevers un matin et il avait été solliciter la permission d'ouvrir au public sa ménagerie.

Il ne reçut d'abord aucune réponse positive, mais l'indiscrétion d'un employé de l'hôtel de ville lui ayant fait connaître que le maire tenait à s'assurer par lui-même qu'il ne pouvait résulter de son exhibition dans les cages aucune espèce de danger, il donna l'ordre de surveiller l'arrivée du magistrat.

A deux heures, le maire se présenta et demanda Chausserouge. On l'introduisit dans la ménagerie et il trouva le dompteur dans la cage de Néron, debout sur la tête de l'animal, qui lui servait d'escabeau, et s'occupant à clouer une tenture.

—Voici la réponse à votre objection, monsieur le maire, dit Chausserouge, quand le magistrat lui eût fait connaître l'objet de sa visite; Néron est mon plus dangereux pensionnaire. Allons, lève-toi, mon vieux, dit-il en descendant et en flattant de la main le muffle du fauve.