Moquart fut le premier animal dont il se sépara, Moquart pour l'achat duquel il avait reçu jadis des propositions d'un de ses collègues.
Le dompteur n'en tira pas le prix qu'il en espérait, mais il put néanmoins, grâce à ce sacrifice, apaiser l'usurier et obtenir du répit.
Ce fut un deuil pour tous et surtout pour Zézette, qui perdait son «grand ami», mais elle comprit à quelle nécessité son père obéissait, et elle sut se taire pour ne pas augmenter le chagrin de François.
—Que veux-tu, ma pauvre Zézette, nous sommes maintenant trop pauvres pour conserver Moquart, et puis, il faut bien soigner maman, dit Chausserouge à sa fille, le jour où il donna livraison de l'éléphant. Va! nous avons toujours Loustic, la Grandeur et tous les autres. Quand tu seras plus grande, que de nouveau on te permettra de travailler, nous gagnerons encore beaucoup d'argent, tu verras!...
—Et nous le rachèterons, dis, papa!
—Oui, ma fille, je te le promets.
En effet, Amélie que les fatigues du voyage avaient exténuée, contribuait pour une large part à augmenter les dépenses ordinaires de l'établissement.
Elle était si malade à son arrivée, qu'il avait fallu la transporter à l'hospice Dubois; là, les bons soins l'avaient remise sur pied et elle avait insisté pour ne pas prolonger dans la maison de santé un séjour coûteux, mais de continuelles rechutes mettaient périodiquement sa vie en danger.
—Le coffre est usé..., la phtisie accomplit lentement, mais sûrement son oeuvre, avait déclaré le médecin à Chausserouge, tout ce que la science peut faire maintenant, c'est d'alléger les souffrances de votre femme, qui est perdue irrémédiablement.
—Je tiens, avait répondu le dompteur, à ce que vous ne négligiez rien... Je veux n'avoir rien à me reprocher.