—C'est bien ça... ils sont tous atteints... Mais c'est la lionne qui a eu le morceau le plus attaqué... le siège du mal... Elle est empoisonnée... Si nous la sauvons, nous aurons de la veine!... Allons, le pisteur, ouvre-moi la cage!

—N'entre pas! cria Louise, tu vas te faire dévorer!

—Elle n'a guère envie de manger, la pauvre bête... Tu ne veux pas que je la laisse crever!...

Tout d'abord la lionne ne prit pas garde à la présence du dompteur, mais au moment où il voulut l'approcher, elle fut saisie de tranchées telles qu'elle devint inabordable.

Renversée sur le dos, elle battait l'air de ses pattes en rugissant de douleur, puis tout à coup, elle se redressa, bondit, retomba, et courbée en deux se mordit le vente comme pour en arracher le mal.

A la fin, épuisée par ses efforts répétés, vaincue par la souffrance, elle s'allongea, faisant entendre une plainte continue et déchirante.

Le dompteur gui s'était tenu tapi dans un angle de la cage, put alors s'agenouiller auprès de la bête malade.

Il la caressa, tâta son rentre gonflé et brûlant, puis comme on apportait du lait, il en fit remplir une jatte qu'il posa devant elle.

La lionne en lapa quelques gorgées, puis sa tête retomba inerte.

En ce moment le vétérinaire apparut.