—Je me suis arrangé pour être libre, dit-il bas à l'oreille de la jeune fille. Je suis à votre disposition. Que faut il faire?

—Dire comme moi et me faire respecter même par la force.

A ce moment, Louise Tabary s'approcha.

—Zézette, dit-elle d'un ton plein d'autorité, ce soir tu viendras dîner. Jean, du reste, pourra se lever. Je te préviens en outre que tu coucheras à l'avenir dans notre caravane, comme par le passé. Il ne convient pas qu'une jeune fille de ton âge aille loger loin de ses parents, seule dans un hôtel meublé.

—D'abord, madame, dit Zézette, vous n'êtes point mes parents, ni votre fils, ni vous. Je vous ai dit ce matin que je ne remettrais jamais les pieds chez vous. Donc, n'insistez pas! Je dînerai et je coucherai où bon me semblera.

—Tu viendras, dit Louise furieuse. Tu nous dois obéissance!

—Pardon! dit Zézette en reculant d'un pas, je refuse!

—Tu refuses?

—Oui, ce soir, demain et les jours suivants, je resterai sous la protection de M. Charlot, qui répond de moi. Donc, soyez tranquille, il ne m'arrivera rien de fâcheux.

—Charlot n'a rien à voir là-dedans. Tu es ma pupille.