—Eh bien! je m'émancipe, voilà tout!
—Madame, dit Charlot, en avançant sur un signe de la jeune dompteuse, mamz'elle Zézette s'est remise à moi pour la protéger. Je m'en suis chargé. Le premier qui essaiera de lui manquer de respect... aura affaire à Bibi. J'ai promis, je tiens ma promesse.
—Alors, dit Louise, pâle de colère, ce n'est plus Giovanni, tu donnes dans les lutteurs, maintenant, et tu choisis justement monsieur, l'amant de Fatma, je crois! Je vais la prévenir, nous verrons comment elle acceptera cela...
—Oh! d'autant plus facilement que c'est elle-même qui a prié Charlot de me prêter son aide et il n'a rien à lui refuser, dit Zézette. Ainsi!...
—C'est bon! cria Louise, je ne veux pas maintenant de scandale inutile, mais nous verrons comment tout cela finira.
Elle courut au contrôle où Giovanni, en l'absence de Jean, comptait la recette. Elle se fit rapidement rendre des comptes et revint à sa caravane.
Une heure plus tard, et comme Charlot attendait sa maîtresse, en compagnie de Zézette, dans le restaurant où ils avaient l'habitude de prendre leur repas, ils virent arriver Fatma rouge de colère.
—Ah ça! Voyons, m'expliquerez-vous, demanda-t-elle, ce qui s'est passé? La mère Tabary est venue au moment où j'étais sur l'estrade... Entre deux séances, elle s'est mise à m'agoniser de sottises... Je ne sais pas tout ce qu'elle ne m'a pas raconté..! Elle m'a traitée comme la dernière des dernières... Nous nous sommes engueulées ferme et ma foi, j'ai fini par lui ficher mon compte! Me voilà libre maintenant! Demain, j'irai trouver Boyau-Rouge... Je lui vendrai les trucs de la vieille et, puisqu'elle fait la méchante, nous allons la flanquer en bas, elle et son entresort.
On mit rapidement Fatma au courant de la scène qui venait de se passer.
—Eh bien! tant mieux! cria-t-elle, ce sera plus vite fini!... Ça chauffe... nous allons rire...