Et le soir même, avant de se coucher, il prenait à part son père et lui demandait officiellement la permission d'épouser Amélie.
La joie du dompteur fut immense.
—Oh! je savais bien que tu y viendrais! Tiens! Tu me rends le plus heureux des hommes! Maintenant je pourrai mourir tranquille!
Il sauta au cou de son fils et dans l'excès de sa joie, il courut à la porte et appela son ami déjà rentré dans sa caravane:
—Collinet! Collinet! arrive donc! c'est François qui veut se marier avec ta fille!
—Si elle veut, ajouta François en riant.
Pour toute réponse, Amélie, qui était accourue, tendit ses joues à son ami, puis, pour célébrer cet heureux jour, tous les quatre s'attablèrent, et, autour d'un saladier de vin qu'on fit chauffer en hâte, discutèrent les conditions du mariage.
Ce ne fut pas long, les deux compères en ayant arrêté depuis longtemps les détails et les fiancés étaient bien trop amoureux pour s'attarder en des considérations qui leur paraissaitent si futiles!...
Il fut décidé toutefois que l'union serait célébrée à Paris dans le plus bref délai possible; puis le père Collinet vendrait son musée et se retirerait à la campagne après avoir constitué en dot à sa fille le montant de cette vente.
Il avait réalisé assez d'économies pour pouvoir vivre tranquille le reste de ses jours dans le petit trou où il avait acquis déjà une maisonnette et quelques lopins de terre.