Un mois après cette soirée mémorable, la ménagerie de retour à Paris s'installait provisoirement aux Quatre-Chemins, sur la route d'Aubervilliers, et sur le champ François envoyait à tous ses amis des lettres de faire part.

L'émoi fut grand sur le Voyage.

On ne s'attendait pas à cette solution.

Le beau François qu'on avait vu partir à contre-coeur, revenir si vite, converti et amoureux... d'Amélie Collinet, c'était à n'y pas croire!

Il fallait cependant se rendre à l'évidence, mais Jean Tabary se fit l'interprète du sentiment général.

—Ce n'est pas la peine d'être fort, d'être brave, lui dit-il, d'être la coqueluche de toutes les jolies femmes de Paris, pour finir aussi piteusement. Je te croyais plus d'énergie. Tu te laisses mener comme un gamin, c'est honteux! Tu te repentiras de ce que tu fais aujourd'hui... il ne sera plus temps.

—Mon cher, je t'assure qu'Amélie est charmante... tu ne la connais pas.

—Un homme dans ta position doit rester libre et indépendant... Tu es jeune, tu as de l'argent, il fallait profiter de la vie et ne pas t'emberlinguer d'une femme dont tu auras assez dans six mois!

Cette fois les insinuations de Jean Tabary restèrent sans écho.

Le parti de François était pris irrévocablement.