1oDomaine privé du sultan, y compris les troupeaux, etc15000douros (5 fr.).
2oPrésents (hadiyah)80000
3oProduits des troupeaux et dîmes (sekah oual-ouchr)620000
4oAmendes (daʿairât)200000
5oDouanes d’exportation et d’importation de Fez et d’Oudjda1385000
A reporter2300000
Report2300000douros.
6oOctrois sur les animaux de bât (niks)40000
7oMonopoles et impôts affermés125000
8oExcédent des revenus des fondations ecclésiastiques12000
9oImpôt des Juifs (djeziah)5200
10oBénéfice sur la fabrication des monnaies.50000
Total2532200

Dépenses. — Si les revenus du trésor de l’État, c’est-à-dire du sultan, sont répartis en peu de branches, c’est également le cas pour les dépenses. Elles se bornent à l’entretien de la cour, du harem, des palais, des jardins et des haras du sultan, aux traitements de quelques amils, du représentant près du corps diplomatique à Tanger, et de quelques ouakil (consuls) à l’étranger, des troupes régulières (askar) et des forteresses.

En outre, la correspondance de l’État entraîne des frais relativement considérables par rapport aux autres dépenses, en raison de l’absence de poste régulière dans le pays. Enfin, quelques mosquées et quelques sanctuaires du Maroc, de même que les lieux saints de la Mecque et de Médine, aussi bien que la famille chérifienne de la dynastie actuelle, reçoivent des pensions du sultan.

Pour ce qui concerne ces dépenses, il est difficile, sinon impossible, de les évaluer par chapitres, même approximativement, car tout se fait par l’intermédiaire de la caisse centrale de Fez. Les dépenses les plus considérables sont motivées par les troupes régulières, puis vient la cour. M. le ministre Weber admet comme dépenses annuelles :

Pour les askar, environ600000douros.
Pour la cour175000
Pour les autres dépenses225000
Total1000000

Si le renseignement d’après lequel la caisse centrale de Fez paye à peu près 3000 douros par jour est exact, l’ensemble des dépenses annuelles monte, pendant l’année mahométane de 354 jours, à 1062000 douros : ce qui approche sensiblement de la somme indiquée plus haut. D’après ces chiffres, le sultan économiserait tous les ans un million et demi de douros d’Espagne.

Il est étonnant que ce calcul, si imparfait qu’il soit, coïncide pourtant à peu près avec les résultats d’un travail sur les finances marocaines qui fut établi, il y a plus de soixante ans, par un savant habitant Tanger.

Græberg von Hemsoe, consul général de Suède et de l’un des petits États italiens, mit à profit en 1818 la présence à Tanger du sultan d’alors, Sidi Soliman, pour recueillir, des personnes bien informées de sa suite, des données sur les conditions financières du pays. Il publia en 1821 les résultats de ces informations.

Le calcul fait par lui des dépenses et des revenus annuels du Maroc a été jusqu’ici reconnu comme le plus exact, et a été utilisé par tous les écrivains qui ont traité des finances marocaines.

D’après Græberg von Hemsoe, chaque année,