La musique et le chant sont très pratiqués, et on les entend toujours avec plaisir, mais les musiciens ne connaissent pas l’usage des notes. La peinture et la sculpture sont absolument inconnues ; la représentation des figures humaines étant surtout interdite par le Coran, tout l’art du peintre se borne à reproduire des signes d’écriture, en les ornant considérablement, en les contournant et en les revêtant de couleurs variées.
Les habitants du Maroc se trouvent donc dans un état de demi-civilisation, qui répond à peu près à celui de notre moyen âge. Mais alors les sciences et les arts étaient cultivés à la cour des califes : il y avait des historiens et des géographes, des poètes et des philosophes, et ils ont laissé des œuvres qui devaient exciter l’admiration générale. Les Maures actuels vivent des restes de cette civilisation. Ils n’ont pas su la conserver, encore moins l’accroître, et leur organisation despotique ainsi que leur fanatisme, qui écartent tout étranger, doivent leur valoir le nom de barbares. Dans les circonstances présentes, l’Islam veut dire stationnement et barbarie, tandis que le Christianisme représente la civilisation et le progrès.
FIN DU PREMIER VOLUME.
NOTES :
[1]L’orthographe de la plupart des noms propres est celle qui leur a été donnée par le docteur Lenz : nous n’avons cru devoir la modifier que quand elle s’écartait par trop des habitudes françaises.
(Note du Traducteur.)
[2]Pluriel arabe de chérif. (Note du Traducteur.)
[3]Nom indigène de la ville de Maroc. (Note du Traducteur.)
[4]« Ce coin de terre me sourit par-dessus tout autre. » (Note du Traducteur.)
[5]Roche à base de trapp. (Note du Traducteur.)