Plusieurs pierres de différentes grandeurs, la plupart oblongues et couvertes d’inscriptions, y ont été trouvées ; la plupart sont brisées et leurs inscriptions en grande partie effacées. Les archéologues connaissent depuis longtemps sans doute le peu d’inscriptions découvertes dans cet endroit ; on en trouverait certainement encore plus en faisant des fouilles complètes. Par le fragment de notice suivant on voit qu’il y avait aussi là des lieux de sépulture. Je ne sais si cette inscription était connue jusqu’ici.

Ces mots étaient tracés sur une pierre brisée :

M FABIO LIIICI

ROGATO AN XVII

VRBS CRISTVS

PATER

FILIO PIISSIMO POS

Si la population du Maroc était moins fanatique et moins défiante, on pourrait encore faire dans le pays mainte observation archéologique importante. La domination romaine a profondément pénétré au Maroc, mais il faut aussi tenir compte de la tendance des Marocains à attribuer aux Roumis toute construction qui n’est pas sortie de leurs mains. Je trouvai ainsi au milieu des montagnes de l’Atlas de vieux murs désignés sous le nom de Kasr el-Roumi ; quelques ruines au sommet d’une montagne près de Foum-el-Hossan, à la lisière nord du Sahara, sont également attribuées aux Romains par la population. Beaucoup de monuments d’origine portugaise, dans le nord du Maroc, sont désignés comme datant de la domination de Rome.

Du reste, on lit le passage suivant, dans un livre de Jackson paru en 1814 (Account of the empire of Marocco) : « Le père du sultan Sliman bâtit un magnifique palais au bord de la rivière du Tafilalet ; les colonnes en sont de marbre, et beaucoup y ont été transportées par-dessus l’Atlas, après avoir été prises dans les ruines de Kasr Faraoun, près du tombeau de Mouley Idris Akbar. » Les Arabes content également que jadis de grands trésors furent trouvés dans cet endroit. Cette recherche est fort goûtée au Maroc, et l’imagination de la population s’occupe volontiers des trésors fabuleux qui sont, dit-on, cachés par places. Cette croyance est certainement basée sur ce fait, qu’il a été souvent coutume, au Maroc, de cacher les objets précieux acquis d’une manière quelconque, pour les mettre en sûreté contre l’avidité des tout-puissants sultans et de leurs représentants.