Parmi la population noire du Sénégal, les races les plus importantes sont les Foulbé, les Toucouleur, les Mandingo, les Sarakollé, les Ouolof, les Sérer, les Djola et les Bambara. Cette division actuellement en usage des populations de ces pays ne repose pas sur des principes ethnographiques, et n’est conservée, en quelque sorte, que pour l’administration. Les Foulbé habitent surtout les districts de Fouta, Damga, Boumdou et Fouta Djalon. Les Malinké et les Solinké (Mandingue et Sarakpollé) ont le type nègre plus accusé et habitent surtout la région montagneuse des sources du Sénégal, du Niger et de la Gambie. Les Malinké n’ont pas embrassé l’Islam, on ne le pratiquent que pro forma : ce sont des marchands très habiles et très fins, qui ont dans leurs mains le district aurifère du Bambouk ; les Sarakpollé, au contraire, sont de stricts Mahométans.
Ouolof de Saint-Louis.
Les Ouolof et les Sérer, qui habitent le Cayor, les districts de Oualo, de Djolof et une grande partie du Baol et du Siné, sont parmi les plus grands et les plus beaux de tous les peuples nègres de l’Afrique. C’est une population douce en général, un peu vaine et apathique, mais qui est cependant très brave à l’occasion ; ils sont cultivateurs et pêcheurs, et vivent en bons rapports avec les Français. A Saint-Louis et aux environs un très grand nombre ont embrassé le Christianisme.
Les Djola forment une population noire distincte ; ils habitent les environs de la Guéba et se distinguent essentiellement des autres Nègres par la conformation, la couleur, la langue, les mœurs et les usages. Ils ont des traits grossiers, un nez large, de grosses lèvres et un ventre proéminent. Ils mangent de la viande de chien, sont adonnés au fétichisme et se tatouent. Leurs enterrements sont tout particuliers : le mort est exposé pendant un jour dans sa hutte, et ses parents et amis, après avoir déploré sa perte, demandent au défunt les motifs qui lui ont fait quitter ce monde. Après avoir attendu inutilement sa réponse, ils s’écrient qu’il est inutile de le plaindre, car il a maintenant une vie beaucoup plus heureuse que sur terre, et des fêtes commencent pour durer plusieurs jours.
Enfin, la population bambara est importante pour le Sénégal, parce qu’elle y transporte de l’ivoire et d’autres produits naturels des riches pays de l’intérieur ; une partie a embrassé l’Islam, mais uniquement par force ; de même les Malinké se dérobent autant que possible à cette religion, tandis que les Sérer ont rapidement accepté les préceptes de Mahomet. Les habitants du Cayor, des pays de Siné et de Baol sont des croyants, en tant qu’ils admettent tout ce qu’enseigne le Coran ; au contraire ils ne se conforment pas à certaines de ses défenses, particulièrement en ce qui concerne les boissons spiritueuses.
La religion chrétienne n’a obtenu de succès qu’à Saint-Louis, Gorée et Dakar, mais ils ne sont pas très importants. Le clergé est sous la direction d’un préfet apostolique et comprend cinq cures : la capitale, Gorée, Dakar, Rufisque et Joal. En outre il y a des écoles dirigées par des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny et de l’Immaculée-Conception ; ces religieuses s’occupent aussi du soin des malades.
Les succès obtenus par le clergé sont sans importance, comme il ne peut en être autrement dans des pays où le Mahométisme domine à ce point et surtout quand des missionnaires de différentes confessions viennent s’y fixer ; la stricte unité de l’Islam doit avoir sur les indigènes une influence beaucoup plus grande que la diversité des sectes chrétiennes, qui ne vivent pas toujours dans les meilleurs termes.
Quant à ce qui concerne la population du Sénégal, E. Fallot (Bulletin de la Société de Géographie de Marseille, 1883) donne les chiffres suivants :
| La ville de Saint-Louis | 15980 |
| Banlieue | 22738 |
| Oualo | 10976 |
| Richard-Toll | 335 |
| Dagana | 2009 |
| Dimar | 5864 |
| Podor | 1361 |
| Toro | 32700 |
| Lao | 20170 |
| Islabé | 10550 |
| Fouta indépendants | 81450 |
| Matam et ses environs | 508 |
| Damga | 32050 |
| Bakel et ses environs | 2302 |
| Guoyé | 7500 |
| Médine | 487 |
| Kaméra | 12000 |
| Kasso | 10000 |
| Logo | 5000 |
| A reporter | 273980 |
| Report | 273980 |
| Natiaga | 3000 |
| Vallée du Bakoy entre Bafoulabé et Baoulé | 3200 |
| Fouladougou | 10000 |
| Pays de Kita | 10000 |
| Gangaran | 10000 |
| Beledougou | 15000 |
| Manding | 20000 |
| Bambouk | » |
| Bondou | 10000 |
| Fouta Djalon | 600000 |
| Cayor | 300000 |
| Dakar et Cap-Vert | 6887 |
| Gorée | 3243 |
| Rufisque et sa banlieue | 7794 |
| Diander | 20108 |
| Baol | » |
| Portudal et Joal | 5000 |
| Siné et Saloum | » |
| A reporter | 1298212 |
| Report | 1298212 |
| Sedhiou | 1827 |
| Carabane | 547 |
| Casamance | » |
| A reporter | 1300586 |
| Report | 1300586 |
| Rio Nuñez | » |
| Rio Pongo | 30253 |
| Mellacorée | » |
| Total | 1330839 |