Art. 3. — Le Lao et l’Irlabé, formant chacun un État indépendant, se placent sous la protection de la France, dans les mêmes conditions que le Toro.
Art. 4. — Les chefs du Fouta s’engagent solennellement à ne plus élever désormais aucune prétention sur les pays placés sous la protection de la France, tant par le présent traité que par les traités antérieurs, ces prétentions ne pouvant avoir d’autre résultat que de troubler les relations amicales avec les Français et de nuire à la prospérité du pays.
Art. 5. — Les chefs du Fouta s’engagent à empêcher toute incursion de leurs sujets et des gens auxquels ils donnent hospitalité dans le Djoloff, pays placé sous le protectorat de la France. De son côté, le Bourba-Djoloff s’engage à ne rien entreprendre contre le Fouta et à ne pas permettre le passage dans son pays aux Peul venant du Cayor ou d’autres lieux pour aller faire (sic) des villages dans le Fouta.
Fait et signé en double expédition, à Galoya, le 24 octobre 1877.
Signé : P. REYBAUD.
(Suivent les signatures d’Abdoul-Boubakar et des autres chefs du Fouta.)
Ont signé comme témoins :
| MM. | J. GAILLARD, lieutenant de vaisseau, commandant l’Archimède. |
| RÉMY, capitaine d’infanterie de marine, directeur des affaires politiques, p. i. | |
| HAMAT-N’DIAYE-AN, cadi à Saint-Louis. | |
| HOURY, lieutenant d’infanterie de marine. |
Agriculture, commerce et industrie. — A mesure que cessent les guerres entre les peuples du Sénégal, ainsi qu’entre eux et les Français, les terres cultivées gagnent en étendue. Partant du point de vue, très juste, que les produits naturels, comme l’ivoire, la gomme, etc., viendront peu à peu en moindre quantité sur le marché, le gouvernement voit dans la culture du sol et dans les plantations l’un des facteurs les plus importants du développement de la colonie. Il a donc fondé à Saint-Louis, le 29 décembre 1874, une société d’exploitation, destinée à servir d’intermédiaire pour la culture des terrains par les indigènes. On a réparti des semences variées, qui paraissent de nature à prospérer dans ces pays, et une école d’arboriculture vient d’être fondée. Le coton et les arachides sont déjà cultivés, en même temps que le maïs et le sorgho, dans les pays du haut Sénégal, le Kaarta, etc., et de nombreuses plantes utiles pourraient l’être également. Dans le cours inférieur du Sénégal, l’agriculture est insignifiante ; on lui préfère le commerce, plus aisé, mais moins solide, et les indigènes achètent même leurs aliments contre de l’argent monnayé. La culture de l’arachide serait particulièrement importante ; on la récolte déjà en grandes masses, mais cette plante utile demande si peu de peine et son produit est si considérable qu’elle ne peut être assez cultivée.
Le mouvement industriel n’est pas considérable parmi les habitants de la vallée du Sénégal ; il semble qu’ils aient une sorte de mépris pour tous les travaux manuels et qu’ils tiennent pour la seule occupation digne d’un homme, de prendre part à des querelles ou de perdre leur temps à des débats sans but. L’institution de l’esclavage, telle qu’elle est autorisée chez les Mahométans, et la coutume qu’ont les femmes de faire tous les travaux concernant le ménage, entraînent cette conséquence, que les hommes se sont habitués à une vie oisive et qu’ils regardent tout travail comme humiliant.