Quant à ce qui concerne les produits naturels exportés du Sénégal, les deux plus importants sont la gomme produite par différents genres d’acacias, ainsi que les noix de terre (en français arachide, en anglais ground-nuts, Arachis hypogæa). Le premier produit était encore le principal il y a quelques années, mais aujourd’hui c’est l’arachide qui atteint la plus grande valeur et qui en atteindra une plus considérable.
L’exportation de la gomme a été :
| En 1863 | de | 1676378 | kilogr | valant | 2346929 | francs. |
| 1876 | — | 2486395 | — | — | 3141997 | — |
| 1880 | — | 3969035 | — | — | 5278816 | — |
| 1881 | — | 2359296 | — | — | 2700937 | — |
Au contraire, le commerce de l’arachide, ce produit végétal à peine connu des botanistes il y a quarante ans, s’est rapidement accru.
L’exportation de l’arachide a été :
| En 1851 | de | (?) | kilogr | valant | 2489470 | francs. |
| 1855 | — | (?) | — | — | 1997216 | — |
| 1859 | — | 8629661 | — | — | 2243712 | — |
| 1863 | — | 9037349 | — | — | 6778012 | — |
| 1876 | — | 23984941 | — | — | 6503037 | — |
| 1880 | — | 52816040 | — | — | 13204010 | — |
| 1881 | — | 59970115 | — | — | 14991034 | — |
On voit par ces tableaux que cet article a subi une dépréciation en rapport avec l’augmentation des quantités exportées.
L’arachide va presque exclusivement dans de grandes fabriques de Bordeaux et de Marseille, où l’on en fait de l’« huile d’olive ». Ce fruit est très oléagineux ; son produit a un bon goût, et, quand il est bien préparé, il est difficile de le distinguer de la véritable huile d’olive ; on sait que cette dernière n’est fabriquée qu’en quantités fort insuffisantes, et, comme on en fait usage partout où habitent des Européens, on admettra facilement qu’une proportion considérable provienne de l’arachide.
Les deux petits noyaux qui la renferment se trouvent dans une écorce jaune sale, un peu oléagineuse et qui est employée pour la nourriture des bestiaux ; à Saint-Louis on me dit que la valeur de ces écorces couvrait déjà les frais de transport de l’arachide.
Parmi les autres articles d’exportation, il faut citer : le caoutchouc (exporté en 1880 pour la valeur de 138000 fr.) ; les plumes d’ornement (en 1880, 288000 francs) ; l’or (1880, 36000 francs) ; la graine de lin (1880, 27000 francs) ; les peaux (1881, 135000 francs) ; les poissons conservés (1881, 171000 francs). On exporte peu de grains, et le commerce du riz, du coton, de l’indigo, du cacao, du café, du bois de construction, de l’ébène, des bois de teinture, etc., est sans importance jusqu’ici : ce sont là des articles qui proviennent tous des riches pays de l’intérieur, ou qui pourraient y être cultivés. Le commerce d’oiseaux vivants, et surtout d’une petite espèce de pinson qu’on trouve souvent chez nous comme oiseau d’appartement, est également assez productif pour Saint-Louis.