| GANDO. | Durée du règne. | Date de la mort. | |
|---|---|---|---|
| 1oOtman-dan-Fodio | (?) | 1818 | |
| 2oAbdallahi-dan-Fodio | (?) | 1829 | |
| 3o MouhamedOuani-dan-Abdallahi | (?) | 1835 | |
| 4oChalilou-dan-Abdallahi | 20 | ans | 1855 |
| 5oChalirou-dan-Abdallahi | 7 | ans | 1862 |
| 6oAlin-dan-Abdallahi | 5 | ans | 1867 |
| 7o Abdel-Kadiri-dan-Abdallahi | 5 | ans | 1872 |
| 8oEl-Moustafa-dan-Mouhamed-Ouani | 4 | ans | 1876 |
| 9oHanafi-dan-Chalilou | 3 | ans | 1879 |
Hanafi, mort aujourd’hui, était de couleur noire ; sa mère était de la peuplade des Torodo.
On ne peut dire que les Foulbé aient terminé leurs conquêtes ; au contraire, ils provoqueront toujours de nouvelles révolutions dans ces pays et pénétreront surtout comme des missionnaires guerriers dans les pays noirs. Il est certain que ce sont les gens les plus intelligents de l’Afrique, avec les Arabes ; mais leur extension est regrettable, parce qu’ils gagnent à l’Islam des régions immenses. Ce n’est pas un avantage pour le Nègre barbare, et il est à déplorer, dans l’intérêt des aspirations que l’on comprend en général sous le nom de « civilisation », que cet accroissement du domaine de la religion musulmane constitue un obstacle sérieux au développement des relations avec les Européens. Pour moi il est évident que l’Islam est le plus grand ennemi de la civilisation européenne, tandis que nous devons voir, dans les États chrétiens seulement, les représentants du progrès. En outre, il est faux de prétendre que l’Islam soit une sorte de préparation au Christianisme pour le Nègre grossier, adonné à un fétichisme sauvage. Nous le voyons chez les Bambara et les autres populations noires, de même que chez les métis foulbé, les Fouta, etc. : ils n’ont pris de l’Islam que quelques pratiques extérieures, et y ont puisé surtout la haine contre les gens d’autres croyances.
Les Foulani forment un facteur politique d’un grand poids dans le nord de l’Afrique, jusqu’à l’Équateur ; et, lors du partage prochain de cette partie du monde, les nations européennes auront certainement à compter avec ce peuple. Il est brave, et combat pour une idée religieuse ; si les Européens veulent s’établir politiquement dans l’intérieur de l’Afrique, ils feront bien de s’entendre d’abord avec lui.
Mais nous devons souhaiter avant tout que les grands royaumes foulbé soient parcourus par des Européens sachant la langue de ces populations ; il y a sûrement beaucoup d’ouvrages historiques encore cachés chez elles, et les problèmes touchant leur origine seront plus facilement résolus dans le pays même, au moyen d’une comparaison critique des vieilles légendes, de l’étude des anciennes histoires de ces contrées ou de l’analyse faite avec soin de la langue foulbé d’une part et de l’autre de la structure anthropologique du peuple. Jusqu’ici ces deux écoles se tiennent avec raideur face à face : le linguiste ne reconnaît aux mensurations crâniennes qu’une faible valeur, et l’anatomiste méprise les règles grammaticales. Une marche en commun donnera seule des résultats heureux et durables.
CHAPITRE IX
DÉPART DE MÉDINET-BAKOUINIT POUR MÉDINE ET SAINT-LOUIS.
Départ de Bakouinit. — Fasala. — Les lions. — Eau courante. — Villages foulbé. — Kamedigo. — Maladies. — Rhab-Nioro. — Population fouta. — Marchands d’esclaves marocains. — Montagnes bordières. — Vallée du Sénégal. — Village arabe. — Kouniakari. — Le cheikh Bachirou. — Message de Médine. — Arrivée au Sénégal. — Les tirailleurs. — Le fort de Médine. — Siège par Hadj Omar. — Paul Holl. — Communications télégraphiques. — Départ. — Mosquitos. — Bakel. — La colonne expéditionnaire. — Le poste de Matam. — M. Lecard. — Villages de Fouta. — Vapeurs. — Les vapeurs le Cygne et l’Archimède. — Saldé. — Podor. — Dagana. — Richard Toll. — Crocodiles et pélicans. — Arrivée à Saint-Louis. — Fièvre jaune. — Mauvais port. — La barre. — Ténériffe. — Pauillac. — Quarantaine. — Arrivée à Bordeaux. — Voyage à travers l’Espagne jusqu’à Tanger.
Le 7 octobre nous quittons Bakouinit. Notre but le plus proche est le Kaarta, qui est sous la domination des Fouta, parce que le sultan de Ségou y a placé deux de ses frères comme vice-rois ; une fois ce pays passé, nous n’aurons plus qu’une courte distance à parcourir jusqu’au Sénégal, si longtemps désiré, et où nous espérons trouver dans les stations militaires le calme et les soins nécessaires, après les marches, épuisantes sous tous les rapports, des derniers temps.