4o La Casamance, dont les sources n’ont pas encore été complètement explorées, coule à travers un beau pays, couvert d’une végétation magnifique ; dans son cours supérieur se trouve, sur la rive droite, le poste de Sédin ; dans une île du cours inférieur, celui de Carabane ; entre ces deux postes, et sur la rive gauche, est la colonie portugaise de Ziginchor.
5o Les rivières de Cachéo, rio Guéba, rio Grande et Casini sont en dehors des possessions françaises ; les Portugais y ont quelques établissements.
6o Le rio Nuñez vient des montagnes du Fouta Djalon, traverse le pays des Landouman, des Nalous et des Baga et se jette dans la mer un peu au nord du cap Verga. Le poste fortifié de Boké, sur la rive gauche, garde les nombreuses factoreries françaises élevées sur les deux rives de la rivière. Dans le voisinage de son embouchure se trouve le poste de douane, très bien situé, de Victoria.
7o Le rio Pongo coule à travers le pays des Sousou et des Baga et se jette dans la mer au cap Verga, par plusieurs bras. Non loin de son embouchure principale est le poste de douane française de Boffa.
8o La rivière Mellacorée, qui arrose le pays des Sousou et des Mandingo, se jette un peu au nord de Freetown. Un poste français, Benty, est sur la rive gauche, non loin de l’embouchure. Les habitants du pays sont sous le protectorat de la France.
Entre le Sénégal et la Gambie se trouvent les pays du Cayor, du Baol, du Siné, du Rip (Bardibou), du Niani, d’Oulé, de Dentilia, habités par les Ouolof, les Sérer et les Foulbé.
La colonie du Sénégal et dépendances est partagée en deux arrondissements : celui de Saint-Louis et celui de Dakar-Gorée. Chacun d’eux est divisé en cercles, dont l’administration est confiée aux commandants des postes militaires, sous la direction supérieure du gouverneur de Saint-Louis.
Le climat ne peut être considéré comme favorable aux Européens. Il y a au Sénégal deux saisons différentes, séparées nettement l’une de l’autre. La première, qui va de décembre au commencement de mai, est sèche, froide et serait agréable dans les ports, où les relations commerciales sont le plus actives, si les vents chauds de l’est ne soufflaient pendant une grande partie du jour, de sorte que souvent, vers midi, la chaleur est de 20 degrés plus forte que le matin.
Au reste, la température est très variable dans cette saison. On peut dire que celle du matin et du soir est d’environ 11 degrés centigrades ; vers midi, le thermomètre monte jusqu’à 23 ou 25 degrés à l’ombre, et 35 à 36 degrés au soleil. Quand soufflent les vents brûlants de l’est, le thermomètre atteint même 40 degrés à l’ombre.
Cette saison n’est pas malsaine, en général, pour les Européens, mais elle est suivie par celle des pluies, si dangereuse. A l’intérieur la saison sèche est agréable durant trois mois seulement ; puis vient une période de très fortes chaleurs, pendant laquelle, pour les Européens, le climat est aussi malsain qu’en hiver. Durant six mois il ne tombe pas une goutte de pluie ; le Sénégal offre alors un triste aspect. Ce qu’on nomme l’hiver, c’est-à-dire le temps des pluies, commence à la fin de mai, ou au commencement de juin, et dure jusqu’aux derniers jours de novembre. Dans les quatre mois placés au milieu de cette saison surviennent des orages et des tornados aussi fréquents que violents. Ces conditions climatologiques s’étendent non seulement à la région des côtes, mais aussi profondément dans l’intérieur du continent, sous ces latitudes. De la mi-juillet en octobre j’observai beaucoup d’orages très violents pendant mon voyage de Timbouctou au Sénégal. Durant tout ce temps le thermomètre demeura entre 27 et 30 degrés à l’ombre et vers 40 degrés au soleil.