LEU J'AMOUAZHO

LES AMOUREUX

Air de «Jouzé Bouva»


1 Saite-vou, qu'è Brache, leu gachon Ne che font pau mau de bon chon. De vou noumezha de magna Que sè pauchau pe de pailla, Treuvon moyen de chamouije, E n'ayè pau l'air d'y toushië. 1 Savez-vous, qu'en Bresse, les garçons Ne se font pas mal du bon sang. Je vous nommerais des magnats Qui, sans passer pour des paillards, Trouvent moyen de s'amuser, En n'ayant pas l'air d'y toucher.
2 Quemè vou parlau dé gachon? Vou ne parlau pau d'le sezon! Nè vedra point dezhe de mau; Pretè, è fau bin racontau Que le chavon treïè jo plan Pe leu rendez-vous è galan. 2 Comment: vous parlez des garçons? Vous ne parlez pas des Sezon! Je n'en voudrais pas dire du mal; Pourtant il faut bien vous raconter Qu'elles savent tirer leur plan Pour les rendez-vous aux galants.
3 Lou ple chouvè, eyë ta Bou, Que le leu baillon rendez-vou. Pre cè, lou mècredi matin, Què lon fait mèzhië leu pezhin, Le deïon: Mèzh'teu què vou fa, Laichau m'don allau u marshia. 3 Le plus souvent, c'est à Bourg, Qu'elles leur donnent rendez-vous. Pour ça, le mercredi matin, Quand elles ont fait manger les poussins, Elles disent: mère qu'est-ce que ça vous fait, Laissez-moi donc aller au marché.
4 Ma fa, la mezhe, sè mau pèchau Repon: vas-y, vai-me gardau; Faut-eu prepazhau lou pani? Pe teyë d'on peu t'avèci; On n'jamais trou teu arrevau P'vèdr'chon marshia quemè fau. 4 Ma foi, la mère, sans mal penser Répond: vas-y, j'vais me garder; Faut-il préparer le panier? Pour essayer d'un peu t'avancer; On n'est jamais trop tôt arrivé Pour vendre comme il faut son marché.
5 E mèmou tin, è n'affouré, Lou galan dit: s'é n'vou fa rè Pèzhe, d'izhe à Bou cheti voui, Zhai d'affauzhe à y allau quezhi. Pi lou pèzhe repon: vas-y, Zh'vai me gardau pichqu'è t'adi. 5 En même temps, en affourant, Le galant dit: Si ça ne vous fait rien Père, j'irai à Bourg aujourd'hui, J'ai des affaires à y aller chercher. Puis le père répond: vas-y, J'vais me garder puisque ça te va.
6 Vetia don neutreu j'amouazho, Contè de caroutau jo vio. Oh! què beneu! oh! què biau zhou! Y von che rencontrau à Bou, E fa bon che va, che parlau, Què leu vios ne s'è méfion pau. 6 Voilà donc nos amoureux, Contents de carotter leur vieux. Oh! quel bonheur! oh! quel beau jour! Ils vont se rencontrer à Bourg, Il fait si bon se voir, se parler, Quand les vieux ne s'en méfient pas.
7 Mais cè, ne pau de blau nouvè. Neutreu pézhe èn'on atè fai, Pichque de tout éternitau Lou mondou fu fait pe ch'amau; Dè j'amouazho, peuvin parlau Mais gardin-nous de leu blamau. 7 Mais cela, n'est pas du blé nouveau. Nos pères en ont autant fait, Puisque de toute éternité Le monde fut fait pour s'aimer; Des amoureux, nous pouvons parler Mais gardons-nous de les blâmer.

LEU Z'AUTRICHIENS A VERIA

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