1 Eye t'a la vougua de Crau, Qué ne faut pau allau mianau, Y chon na troupa, Cashia chou leu zégrau Qu'on bu la goutta, Pe pouva miau grippau. 1 C'est à la vogue de Cras, Qu'il ne faut pas aller miauler, Ils sont une troupe, Cachés sous les escaliers Qui ont bu la goutte, Pour pouvoir mieux griffer.
2 Eya n'ènau qu'y chou étau Leu gachon de Monlafretau, A la Bavizhe Préchau pe cé de Crau, Dè la Revizhe Et fossi tui chautau. 2 Il y a une année qu'y sont allés Les garçons de Malafretaz, A la Bévière Pressés par ceux de Cras, Dans la rivière Ils durent tous sauter.
3 Mé cé d'Etrez pessizhon mio Pe ne pau recheva de co, Que l'ètèdizhon Peteau de tui leu lion, Y che cashizhon Chou lou pont de Barton. 3 Mais ceux d'Etrez pensèrent mieux Pour ne pas recevoir des coups, Quand ils entendirent Taper de tous côtés, Ils se cachèrent Sous le pont de Barton.
4 Pe què té vaillè de Marbeu Qu'avons tui è possè leu beu Pri de reïeuté Pe pazhau cé de Crau L'on, su le queute, Reçu de co de pau. 4 Pour quand aux vaillants de Marboz Qui avaient tous en passant les bois Pris des grosses verges Pour parer ceux de Cras Ils, sur les côtes, Reçurent des coups de pieux.
5 Eyia azhi cé de Tenia Que n'ont pau mau étau quenia, De la Pienizhe, A galou pe leu prau. A le Bodizhe Y fuzhon couratau. 5 Il y a aussi ceux d'Attignat Qui n'ont pas mal été cognés, De la Peignière, Au galop par les prés. Aux Baudières Ils furent couratés.
6 Pe què ta cé de Sê Martin Qu'on voulu fauzhe dé malin, Tuinqu'a la varna Depi lou bou de Crau, A co d'épara, Che chon t-y fait couliau. 6 Pour quand à ceux de St Martin Qui voulurent faire les malins. Jusqu'à la Verne Depuis le bourg de Cras, A coup d'éparre, Se sont-ils fait gonfler.
7 Tout pédè che la sharpelia, Su lou marronni biè cashia, De compeujauva, Sé fauzhe poin de via, De chela vouga La shèchon que vetia. 7 Tout pendant ce chamaillis, Sur le marronnier bien caché, Je composais, Sans faire point de vie, De cette vogue La chanson que voici.

LE FELLIË DE VERIA

LES FILLES DE VIRIAT

Air de «La vougua de Crau»


1 Eye le fellië de Veria, Surtou le z'ene qu'é y a, Le chon frequette L'amon greu leu gachon Mé biè de mézhe Ne treuvon pau cè bon. 1 Ce sont les filles de Viriat, Surtout les unes qu'il y a, Elles sont friquettes Elles aiment gros les garçons Mais toutes les mères Ne trouvent pas ça bon.
2 Què leu magna velion le va Y che rezhouënion deu-z-u tra, Von à la peurta Creïon: live te don Nou j'in na liota Pe faushe on rigoudon. 2 Quand les magnats veulent les voir Ils se rejoignent deux ou trois, Vont à la porte Crient: lève toi donc Nous avons une flûte Pour faire un rigodon.
3 Cheteu la fellie révellia L'a bin viton déferouilla Su cha shemije Efile on coutelion, Pi sè lemizhe Seu parlau è gachon. 3 Sitôt la fille réveillée Elle a bien vite déverrouillé Sur sa chemise Enfile un cotillon, Puis sans lumière Sort parler aux garçons.
4 On co qu'y l'on tui ébracha La fellie di: zheunou magna Dè la grè buzhe Alin nou j'amouje Lé nion n'y cushe Nou z'y pourin dèche. 4 Une fois qu'ils l'ont tous embrassée La fille dit: jeunes magnats Dans la grande étable Allons nous amuser Là personne n'y couche Nous y pourrons danser.
5 Pretè cè fameu rendez-vous Ne reuchashon po teu touzhou De sai na mézhe Que s'étè rèvelia, Deci u pézhe: Cou don va che qu'éya. 5 Pourtant ces fameux rendez-vous Ne réussissent pas tôt toujours Je sais une mère Qui s'étant réveillée, Dit au père: Cours donc voir ce qu'il y a.
6 Lou pèzhe è n'ètèdè cho bri Prè on pau, cou â l'équezhi. Preni vou garda Chaprè grè poulichon Zhé tie n'éparra Que n'éparmazha nion. 6 Le père en entendant ce bruit Prend un pieu, court à l'écurie. Prenez-vous garde Sapré grands polissons J'ai là une éparre Qui n'épargnera personne.
7 L'azhon bin voulu s'échcujau Dezhe, nou ne fin poin de mau Mé cho vio pèzhe Ezhe bin che montau Bin sè coulèzhe Qui leu j'a tui conliau. 7 Ils auraient bien voulu s'excuser Dire: nous ne faisons pas de mal Mais ce vieux père Était bien si monté Bien si en colère Qu'il les a tous gonflés.
8 Pe què t'a vou zheunou magna Pe ne pau étre éparaïa, Què veutra Liauda Che treuvezha cushia Rèviau l'ébauda A nautra sèpelia. 8 Pour quand à vous jeunes magnats Pour ne pas être éparrayés Quand votre Claudine Se trouvera couchée Renvoyez l'ébaude A une autre occasion.

LA VOUGUA DE VERIA

LA VOGUE DE VIRIAT