XVIII

NE JOUEZ PAS AVEC LES POIGNARDS.

L’office était fini. Le grand ataman était rentré dans son palais. La chaleur était accablante, le soleil aveuglait par sa lumière. Le ciel se perdait dans les profondeurs de son azur.

Cependant quelques nuages noirs, venant de l’ouest, se montraient à l’horizon.

«Nous aurons un grand orage ce soir,» dit le grand ataman.

Le grand ataman se trouvait sur une terrasse qui tournait de la cour au jardin; il prononça ces mots avec une telle inquiétude, qu’un seigneur russe, son dernier hôte, homme mûr à la barbe blonde, ne put se retenir de lui en témoigner sa surprise.

«Tout chrétien doit frémir, répondit l’ataman en se signant, quand Dieu donne sa voix au tonnerre.

—Dieu, répondit le seigneur russe, nous fera sortir sains et saufs de ces orages et de tous autres. J’avoue cependant que les nuages noirs ont l’air menaçant.