[Note 2: Au IVe livre de Praestigiis Daemonum, ch. XX.]

[Note 3: Au VIe livre de ses Morales, ch. XVIII.]

Les memes auteurs nous font encore connaitre les deux histoires suivantes:

"Un autre gentilhomme coustumier de se donner aux diables, allant de nuict par pays, accompagne d'un valet, fut assailli d'une troupe de malins esprits, qui vouloyent l'emmener a toute force. Le valet desireux de sauver son maistre, commence a l'embrasser. Les diables se prennent a crier: "Valet lasche prise"; mais le valet perseverant en sa deliberation, son maistre eschappa."

"En Saxe, une jeune fille fort riche promit mariage a un beau jeune homme mais pauvre. Lui prevoyant que les richesses et la legerete du sexe pourroyent aisement faire changer d'avis a ceste fille, lui descouvrit franchement ce qu'il en pensoit. Elle au contraire commence a lui faire mille imprecations, entre autres celle qui s'ensuit: Si j'en epouse un autre que le diable m'emporte le jour des nopces. Qu'avient-il? Au bout de quelque temps l'inconstante est fiancee a un autre, sans plus se soucier de celui-ci, qui l'admonneste doucement plus d'une fois de sa promesse, et de son horrible imprecation. Elle hochant la teste a telles admonitions s'appreste pour les espousailles avec le second: mais le jour des nopces, les parens, allies et amis faisans bonne chere, l'espousee esveillee par sa conscience se monstroit plus triste que de coustume. Sur ce voici arriver en la cour du logis ou se faisoit le festin, deux hommes de cheval, qu'on ameine en haut, ou ils se mettent a table, et apres disne, comme l'on commencoit a danser, on pria l'un d'iceux (comme c'est la coustume du pays d'honorer les estrangers qui se rencontrent en tels festins) de mener danser l'espousee. Il l'empoigne par la main et la pourmeine par la salle: puis en presence des parens et amis, il la saisit criant a haute voix, sort de la porte de la salle, l'enleve en l'air, et disparoit avec son compagnon et leurs chevaux. Les pauvres parens et amis l'ayans cherchee tout ce jour, comme il continuoyent le lendemain, esperans la trouver tombee quelque part, afin d'enterrer le corps, rencontrent les deux chevaliers, qui leur rendirent les habits nuptiaux avec les bagues et joyaux de la fille, adjoutans que Dieu leur avoit donne puissance sur ceste fille et non sur les acoustremens d'icelle, puis s'esvanouirent."

Goulard repete aussi cette attaque du diable rapportee par Alexandre d'Alexandrie[1]:

[Note 1: Au IIe livre de ses Jours geniaux.]

"Un mien ami, homme de grand esprit, et digne de foy estant un jour a Naples chez un sien parent, entendit de nuit la voix d'un homme criant a l'aide, qui fut cause qu'il aluma la chandelle, et y courut pour voir que c'estoit. Estant sur le lieu, il vid un horrible fantosme, d'un port effroyable et du tout furieux, lequel vouloit a toute force entrainer un jeune homme. Le pauvre miserable crioit et se defendoit, mais voyant aprocher celui-ci soudain il courut au devant, l'empoigne par la main et saisit sa robe le plus estroitement qu'il lui fut possible et apres s'estre long temps debattu commence a invoquer le nom et l'aide de Dieu et eschappe, le fantosme disparoissant. Mon ami meine en son logis ce jeune homme, pretendant s'en desfaire doucement, et le renvoyer chez soy. Mais il ne sceut obtenir ce poinct, car le jeune homme estoit tellement estonne qu'on ne pouvoit le rassurer, tressaillant sans cesse de la peur qu'il avoit pour si hideuse rencontre. Ayant enfin reprins ses esprits, il confessa d'avoir mene jusques alors une fort mechante vie, este contempteur de Dieu, rebelle a pere et a mere, ausquels il avoit dit et fait tant d'injures et outrages insupportables qu'ils l'avoyent maudit. Sur ce il estoit sorti de la maison et avoit rencontre le bourreau susmentionne."

Goulart[1] raconte encore d'autres histoires d'enlevements par le diable d'apres divers auteurs:

[Note 1: Thresor d'histoires admirables, t. I, p. 538.]