[Note 3: Thresor des histoires admirables, t. I, p. 373.]

Au recit de Zuinger[1], "La peste estant fort aspre es environs du Rhin l'an 1364, plusieurs mourans a Basle avoyent ceste coustume par presage merveilleux au fort de la maladie, et quelques heures devant que rendre l'ame, d'appeller par nom et surnom quelqu'un de leurs parens, allies, voisin ou amis. Ce nomme tomboit tost apres malade, et faisoit le mesme, ainsi cest appel continuoit du troisiesme au quatriesme, et consequemment: en telle sorte qu'on eust dit que ces malades estoyent les huissiers de Dieu pour adjourner ceux que la providence designoit a comparoir en personne devant lui."

[Note 1: En son Theatre de la vie humaine, cite par Goulart, Thresor des histoires admirables, t. II, p. 446.]

D'apres Camerarius,[1] "Les comtes de Vesterbourg ont pres du Rhin un chasteau basti en lieu fort haut esleve. La peste y estant survenue, les comtes s'en retirerent pour aller quelques jours en air meilleur et plus asseure, ou ils sejournerent trop peu. De retour, comme ils montoyent au chasteau, et approchoyent de la porte, la cloche de l'horloge posee en une haute tour sonne onze heures en lieu de trois ou quatre apres midi. Cest accident extraordinaire occasiona les comtes de s'enquerir du portier paravant laisse seul au chasteau pour le garder, que vouloit dire ce changement. Il protesta n'en scavoir rien, veu qu'on avoit laisse l'horloge plusieurs jours, sans qu'aucun y eust touche. Incontinent la peste se renouvella, laquelle emporta les comtes et toutes les personnes rentrees avec eux au chasteau: le nombre fut d'onze, autant que l'horloge, avoit sonne de coups."

[Note 1: Au IIIe vol. de ses Meditations historiques, liv. I, ch. XV, cite par Goulart, Thresor des histoires admirables, t. III, p. 318.]

"En la seigneurie de l'archevesque et electeur de Treves, se void, dit Camerarius[1], un vivier ou estang en lieu conu de ceux du pays, duquel quand il sort quelque poisson de grandeur desmesuree, et qui se monstre, on tient que c'est un certain presage de la mort de l'electeur, et que par longue suite d'annees on a verifie ceste avanture. En la baronnie de Hohensax, en Suisse, quand un de la famille doit mourir, des plus hautes montagnes qui separent la baronnie d'avec le canton d'Appenzel, tombe une fort grosse pierre de rochers avec tant de bruit que le roulement d'icelle est entendu clairement pres et loin, jusques a ce qu'elle s'arreste en la plaine du chasteau de Fontez."

[Note 1: En ses Meditations historiques, vol. III, liv. I, ch. XV, cite par Goulart, Thresor des histoires admirables. t. III, p. 318.]

Taillepied[1] cite ce fait rapporte par Leon du Vair: "Que dirai-je du monastere de Saint-Maurice, qui est situe es confins et limites de Bourgongne, pres le fleuve du Rhosne? Il y a la dedans un vivier, auquel selon le nombre de moines, on met aussi tant de poissons: que s'il arrive que quelqu'un des religieux tombe malade, on verra aussi sur le fil de l'eau un de ces poissons qui nagera comme estant demy-mort, et si ce religieux doit aller de vie a trespas, ce poisson mourra deux ou trois jours devant luy."

[Note 1: Traite de l'apparition des esprits, p. 139.]

"Le sixiesme jour d'avril 1490, dit Goulart[1], Mathias, roi de Hongrie, surnomme la frayeur des Turcs, mourut d'apoplexie a Vienne, en Austriche. Tous les lyons que l'on gardoit en des lieux clos a Bude moururent ce jour la. Un peu devant le trespas du prince Jean Casimir, comte palatin du Rhin et administrateur de l'electoral, le lyon qu'il faisoit soigneusement nourrir mourut: ce que le prince prit pour presage de son deslogement. Un cheval que Louis, roi de Hongrie, montoit, perit soudain, un peu devant la bataille de Varne, en laquelle ce jeune prince demoura. Car ayant este mis en route, et voulant se sauver a travers un marests, le cheval qui le portoit ne peut l'en desgager, ains y enfondra et perdit son maistre. Le frere Battory, roi de Pologne, estant mort en Transsilvanie, le cheval du roi mourut soudain, et quelques jours apres vindrent nouvelles du trespas du prince decede fort loin de la."