[Note 1: Thresor des histoires admirables, t. III. p. 316]

D'apres Joach. Camerarius[1], "Maurice, electeur de Saxe, prince vaillant et excellent, eut divers presages de sa mort peu de jours avant la bataille donnee l'an 1553, entre lui et Albert, marquis de Brandebourg, lequel il mit en route. La teste d'une siene statue de pierre fut emportee d'un coup de fouldre, sans que les statues des autres electeurs eslevees en lieu public en une ville de Saxe nommee Berlin, fussent tant soit peu atteintes de cest esclat. Un vent impetueux s'esleva le jour precedent la bataille, lequel arracha et deschira deux grands pavillons de l'electeur, en l'un desquels on faisoit sa cuisine, en l'autre se dressoyent les tables pour ses repas ordinaires. Au mesme temps il plut du sang aupres de Lipsic."

[Note 1: En sa harangue funebre sur la mort de Maurice, electeur de
Saxe.]

"En l'eglise cathedrale de Mersburg, pres de Lipsic, dit Goulart[1], y a un evesque et des chanoines ausquels il estoit loisible de se marier. Ils ont laisse en icelle de grands et riches joyaux donnez des longtemps, et ont fait conscience de s'en accommoder. Pour la garde du temple il y a ordinairement quelques hommes qui tour a tour veillent en icelui tant de jour que de nuict. Iceux rapporterent avoir observe de fort longtemps et entendu de leurs devanciers gardes que trois semaines avant le deces de chascun chanoine de nuict se fait un grand tumulte dedans le temple: et comme si quelque puissant homme donnoit de toute sa force quelques coups de poing clos sur la chaire du chanoine qui doit mourir; laquelle ces gardes marquent incontinent: et le lendemain venu en avertissent le chapitre. C'est un adjournement personnel a ce chanoine, lequel meurt dedans trois semaines apres."

[Note 1: Thresor des histoires admirables, t. I, p. 549.]

Suivant un petit ouvrage anonyme[1], "Les Espagnols parlent d'une cloche en Arragon par eux appellee la cloche du miracle, en une colline pres de Villela, laquelle (disent-ils) contient dix brasses de tour, sonne parfois, mais rarement, de soi-mesme, sans estre agitee par aucun instrument ni moyen visible ou sensible, comme de mains d'hommes, de violence des vents, de tremblement de terre, ou autres semblables agitations. Elle commence en tintant, puis sonne a volee, par intervalles d'heures et de jours. Les Portugais disent qu'elle sonna lors que le roi Sebastien fit le voyage d'Afrique et en l'an 1601 depuis le 13 de juin jusques au 24, a diverses reprises. On dit qu'elle sonna lorsque Alphonse V, roi d'Arragon, alla en Italie pour prendre possession du royaume de Naples, en la mort de Charles V, en une extreme maladie du roi Philippe II arreste a Badajos et au trespass de la roine Anne, sa derniere femme."

[Note 1: Histoire de la paix, imprimee a Paris par Jean Richer, 1607, p. 233 et 234.]

Taillepied[1] rapporte certains presages qui precedent l'execution des condamnes: "Il advient aussi beaucoup de choses estranges es chateaux ou sera emprisonne quelque malfaicteur digne de mort: car on y oira de nuict de grands tintamarres, comme si l'on vouloit sauver par force le prisonnier, et semblera que les portes doivent etre forcees; mais en allant voir que c'est, on ne trouvera personne, et le prisonnier n'en aura rien senty, ny ouy. On dit aussi que les bourreaux scavent souventes fois quand ils doivent executer quelque malfaicteur a mort: car leurs epees desquelles ils font justice leur en donnent quelque signe. Beaucoup de choses adviennent touchant ces pauvres miserables qui se tuent eux-memes. Il a fallu souvent les mener bien loing pour les jecter dans quelque grand'eau: adonc si les chevaux qui les tiraient les descendoient de quelque montagne, a grand'peine en pouvaient-ils venir a bout; et au contraire s'il falloit monter ils estoient contraints de courir, tant cela les poussoit fort."

[Note 1: Traite de l'apparition des esprits, p. 138.]

IV.—AVERTISSEMENTS