On doit surtout regretter le texte original de Dion Cassius, en citant ce curieux passage de l’Abrégé de Xiphilin, prudemment affaibli dans la traduction du président Cousin: «Héliogabale allait aux lieux de Prostitution, en chassait les courtisanes, et s’y plongeait dans les plus infâmes voluptés. Enfin il destina à l’incontinence un appartement de son palais, à la porte duquel il se tenait, tout nu, debout à la façon des courtisanes, en tirant un rideau attaché à des anneaux d’or et appelant les passants d’un ton mou et efféminé. Il avait d’autres personnes attachées au même emploi, dont il se servait pour aller chercher des gens dont l’impudicité pût lui donner du plaisir. Il tirait de l’argent des complices de ses débauches, et se glorifiait d’un gain aussi infâme que celui-là. Quand il était avec les compagnons de ses débordements, il se vantait d’avoir un plus grand nombre d’amants qu’eux et d’amasser plus d’argent; il est vrai qu’il en exigeait indifféremment de tous ceux auxquels il se prostituait. Il y en avait un, entre autres, d’une taille fort avantageuse, et qu’il avait dessein, pour ce sujet, de désigner César.» Le président Cousin, dans cette pâle traduction, a évité de rendre la naïveté cynique du texte grec, qui n’avait pas à ménager la susceptibilité des beaux-esprits français.

Si les appétits sensuels d’Héliogabale étaient immodérés, son imagination dépravée avait encore plus de puissance et d’activité. Ainsi, ce qu’il cherchait sans cesse avec une impatiente curiosité, c’étaient de nouvelles manières de souiller ses yeux, ses oreilles et son âme, en souillant aussi la pudeur d’autrui. Les prodigieux festins qu’il offrait à ses mignons et à ses gladiateurs, mettaient entre leurs mains des coupes aux formes obscènes, et faisaient circuler devant eux des amphores et des vases d’argent surchargés d’images érotiques (schematibus libidinosissimis inquinata). Toute cette argenterie effrontée brillait surtout dans les soupers d’apparat, qu’il donnait à l’occasion des vendanges, et dans lesquels il s’amusait à déshonorer les citoyens les plus recommandables et les vieillards les plus majestueux. Il leur demandait, pour les embarrasser, s’ils avaient fait preuve dans leur jeunesse d’autant de vigueur qu’il en déployait lui-même, et ces questions, il les leur adressait avec une impudence inouïe (impudentissime), car jamais il ne s’abstint des expressions les plus infâmes et il y joignait souvent des gestes et des signes plus infâmes encore (neque enim unquam verbis pepercit infamibus, quum et digitis impudicitiam ostentaret, nec ullus in conventu, et audiente populo, esset pudor). Voilà comme il entendait célébrer la liberté des vendanges. Il interrogeait brusquement un vieux à barbe blanche et au maintien solennel: «Es-tu fidèle au culte de Vénus (an promptus esset in Venerem)?» Si le vieillard rougissait, à cette impertinente question: «Il a rougi! s’écriait-il, la chose va bien (salva res est).» Le silence et la rougeur équivalaient pour lui à un aveu. Il s’autorisait alors à parler de ses propres actes, et si tous les vieillards baissaient les yeux en rougissant, il faisait appel à ses jeunes complices, pour les inviter à répondre sans détour sur le sujet qu’il avait posé: ceux-ci obéissaient aussitôt et tâchaient de renchérir encore sur la turpitude de leur maître, qui se réjouissait de les entendre et qui leur portait d’ignobles défis. La flatterie déliait souvent la langue des vieillards, qui se vantaient à leur tour de commettre les mêmes ignominies et d’avoir des maris (qui improba quædam pati se dicerent, qui maritos se habere jactarent). L’empereur, à ces révélations inattendues, exultait de joie et ne s’apercevait point que ces misérables feignaient des vices qu’ils n’avaient pas, pour lui complaire et le divertir.

Cet empereur hermaphrodite voulut avoir plusieurs femmes légitimes et plusieurs maris. Il épousa d’abord la veuve de Pomponius Bassus, qu’il avait fait condamner à mort en l’accusant de s’être fait le censeur de la conduite privée de l’empereur. Cette femme, aussi belle que noble, était petite-fille de Claude Sévère et de Marc-Antonin. Héliogabale, qui eut recours à la violence pour lui faire subir une odieuse union, la délaissa bientôt pour ses rivales: «Il ne les recherchait pourtant pour aucun besoin qu’il en eût, dit Xiphilin, mais par le désir d’imiter les débauches de ses amants.» Il se maria ensuite avec Cornélia Paula, dans l’espoir, disait-il, d’être plus tôt père, «lui qui n’était pas homme,» ajoute Xiphilin, comme pour mettre à la torture les commentateurs. Ce mariage fut célébré par des jeux et des fêtes publiques, mais bientôt il répudia sa nouvelle épouse, sous prétexte qu’elle avait une tache sur le corps. La véritable cause de cette répudiation était un autre mariage qu’il souhaitait contracter avec plus d’éclat que les précédents. Il avait pénétré dans le temple de Vesta, et peu s’en fallut qu’il ne laissât s’éteindre le feu sacré (ignem perpetuum extinguere voluit), pendant qu’il profanait le sanctuaire par un inceste. Il enleva la vestale Aquila Sévéra et l’épousa insolemment à la face du ciel, en disant que les enfants qui naîtraient du grand-prêtre du soleil et de la prêtresse de Vesta auraient sans doute quelque chose de sacré et de divin. Mais Héliogabale n’eut pas plus d’enfants de ce mariage sacrilége que des autres, et il se dégoûta bientôt de sa vestale, qu’il remplaça par deux ou trois femmes successivement jusqu’à ce qu’il eût repris Aquila Sévéra.

Mais, pour parler de ses mariages avec des hommes, c’est à peine si nous oserons nous en tenir à la traduction de Xiphilin, que le président Cousin n’a point osé reproduire avec une fidélité scrupuleuse. Héliogabale se maria donc en qualité de femme, et se fit appeler madame et impératrice. «Il travaillait en laine, portait quelquefois un réseau et se frottait les yeux de pommade. Il se rasa le menton et en fit une fête, prit soin qu’il ne lui parût aucun poil, pour être plus semblable à une femme, et reçut, étant couché, les sénateurs qui l’allaient saluer. Son mari était un esclave natif de Carie, nommé Jérocle, conducteur de chariots.» Il avait remarqué Jérocle, un jour que, tombant de son chariot, ce cocher avait laissé voir ses cheveux bouclés et son menton sans barbe: Jérocle avait une abondante chevelure blonde, une peau lisse et blanche, des traits fins et un regard chatoyant, mais il joignait à ces apparences efféminées une taille de géant et des formes athlétiques. Héliogabale le fit enlever tout couvert de sueur et de poussière; puis, il l’installa dans sa chambre à coucher, au sortir du bain, et le lendemain il l’épousa solennellement. «Il se faisait maltraiter par son mari, raconte Xiphilin ou plutôt le président Cousin, dire des injures et battre avec une si grande violence qu’il avait quelquefois au visage des marques des coups qu’il avait reçus. Il ne l’aimait point d’une ardeur faible et passagère, mais d’une passion forte et constante, tellement qu’au lieu de se fâcher des mauvais traitements qu’il recevait de lui, il l’en chérissait plus tendrement. Il l’eût fait déclarer césar, si sa mère et son aïeule ne s’étaient pas opposées à cet acte de démence impudique.»

Jérocle eut pourtant un rival qui balança un moment le crédit dont il jouissait auprès de l’empereur. C’était Aurélius Zoticus, dit le Cuisinier, parce que son père l’avait élevé dans les cuisines, où tout enfant il tournait la broche. Zoticus renonça de bonne heure au métier paternel pour embrasser l’état de lutteur: il l’emportait en bonne mine et en vigueur corporelle sur tous les athlètes avec lesquels il se mesurait dans les jeux du cirque. Les pourvoyeurs d’Héliogabale reconnurent avec admiration les singuliers mérites de ce robuste champion et s’emparèrent de lui pour le mener à Rome avec une pompe triomphale. Sur l’éloge qu’on avait fait de lui à Héliogabale, qui brûlait de le voir, il avait été nommé chambellan (cubicularius) de l’empereur. Celui-ci l’attendait avec une impatience qui éclata de la façon la plus indécente, quand le nouveau chambellan fut introduit dans le palais à la clarté des flambeaux. «Dès que cet infâme prince l’aperçut, raconte Xiphilin en conservant les termes mêmes du récit de Dion Cassius, il accourut à lui avec beaucoup de rougeur sur le visage; et, parce que Zotique en le saluant l’avait appelé seigneur et empereur selon la coutume, il lui répondit, en tournant la tête d’un air plein de mollesse comme une femme et en jetant sur lui des regards lascifs:—Ne m’appelez point seigneur, puisque je suis une dame!» Il l’emmena baigner à l’heure même avec lui; et l’ayant trouvé tel qu’on le lui avait représenté, il soupa entre ses bras comme sa maîtresse.» Jérocle, jaloux de ce rival, eut l’adresse de lui faire verser par les échansons un breuvage réfrigératif qui lui ôta toute sa vigueur et qui le frappa d’impuissance. Héliogabale, loin de soupçonner le complot dont Zoticus était victime, le regarda dès lors avec autant de colère et de mépris qu’il lui avait témoigné d’estime et d’affection auparavant. Peu s’en fallut qu’il l’envoyât aux bêtes, et Zoticus, dans sa disgrâce, fut encore trop heureux de se voir seulement dépouillé de ses honneurs et chassé du palais, de Rome et de l’Italie.

Héliogabale, qui se jouait ainsi scandaleusement de l’institution du mariage au double point de vue de la morale et des lois, eut la pensée bizarre de marier aussi les dieux et les déesses. Il commença par donner une femme à son dieu phénicien, comme si ce dieu avait eu besoin de femme et d’enfant, dit Xiphilin. La femme qu’il lui avait choisie était Pallas, et pour accomplir cette union divine, il fit apporter dans sa chambre le palladium, cette statue vénérée, que les Romains considéraient comme la sauvegarde de Rome, et qui n’avait pas été changée de place une seule fois, excepté lorsque le feu avait pris au temple de la déesse. Mais le lendemain de cette profanation étrange et ridicule, qu’il avait poussée aussi loin que possible en couchant les deux statues dans le même lit, il déclara qu’une déesse si guerrière ne convenait pas à un dieu si pacifique, et il fit apporter, à Rome, pour ce dieu, la statue de Vénus Uranie, la divinité des Carthaginois. Uranie, qui présidait à l’incubation des êtres dans le travail mystérieux de la nature, et qui personnifiait la lune et les autres de la nuit, devait naturellement être l’épouse d’Héliogabale, dieu du soleil et de la génération. L’empereur célébra donc leurs noces avec splendeur, et il fit contribuer tous les sujets de l’empire aux présents magnifiques qu’il offrit aux époux; lui-même, le visage peint et fardé, il dansa, en tunique de soie, autour des deux statues placées côte à côte dans un lit de pourpre, et enchaînées l’une à l’autre avec des bandelettes de lin. Cet incroyable mariage de statues donna lieu à de grandes réjouissances à Rome et dans toute l’Italie. Héliogabale s’identifiait, en quelque sorte, au dieu dont il portait le nom; il se faisait un devoir religieux de lui soumettre, de lui sacrifier tous les dieux, même celui des chrétiens; car il souilla leurs temples de ses impuretés et il fit déposer leurs images dans le panthéon du soleil: c’était là qu’il venait, au sortir de ses monstrueuses débauches, remplir son ministère de grand-prêtre. Il ne refusait pas néanmoins de prendre part au culte des autres divinités, surtout s’il avait un rôle à jouer dans les mystères de ce culte. Ainsi, on le vit agiter sa tête échevelée parmi les prêtres mutilés de Cybèle; il se lia comme eux les parties génitales (genitalia sibi devinxit), et il fit tout ce que ces impurs fanatiques avaient l’habitude de faire. Il s’associa également aux rites bizarres et obscènes d’Isis, de Priape, de Flore et de Cotytto.

Rien ne peut présenter une idée exacte et complète de ces festins féeriques, dans lesquels il rassemblait tout ce que le luxe, la prodigalité, la gourmandise et le caprice pouvaient inventer, pour satisfaire ses passions, ses sens et ses instincts pervers. Il ne vivait, pour ainsi dire, que pour découvrir des voluptés nouvelles (exquirere novas voluptates). Lampride a énuméré quelques-unes des folles merveilles de ces repas, où il était toujours assis sur des fleurs ou sur des essences précieuses, vêtu de pourpre ou d’étoffes d’or, surchargé de pierreries sous le poids desquelles il disait succomber de plaisir (quum gravari se diceret onere voluptatis), et la tête coiffée d’un lourd diadème oriental. Ces fabuleux repas duraient des jours entiers, des nuits entières, sans autre interruption que les intervalles consacrés à la débauche, comme des repos accordés à l’estomac, qui ne se lassait pas plus que l’ardeur des sens. Les convives alors n’étaient plus des hommes, mais des bêtes fauves: ils s’efforçaient à l’envi d’imiter leur empereur, sans espoir de l’égaler. Celui-ci, échauffé par le vin et les parfums, rejetait tous ses vêtements, se couronnait de rayons d’or, suspendait un carquois sur ses épaules, et nu, les cheveux flottants, le corps frotté d’huile aromatique, il montait sur un char, resplendissant de pierres précieuses et de métaux, attelé de trois ou quatre femmes absolument nues, qui le traînaient autour de la salle du banquet. (Junxit et quaternas mulieres pulcherrimas et binas ad papillam, vel ternas et amplius, et sic vectatus est: sed plerunque nudus quum illum nudæ traherent.) Sa générosité à l’égard de ses compagnons de table se traduisait en présents gigantesques ou ridicules, que le sort distribuait souvent au hasard des lots; il riait beaucoup, quand la fortune aveugle avait fait tomber dans les mains d’un vieux débauché une coquille portant ces mots qui étaient un ordre: «Se conduire en homme devant l’empereur»; il riait davantage, si, par une de ces chances qu’il aimait à provoquer, une vieille décrépite devenait la maîtresse d’un beau jeune garçon. Souvent les billets cachetés, que ses convives tiraient de l’urne, leur ordonnaient les douze travaux d’Hercule ou les condamnaient à des services ignobles et dégradants. Ces espèces de loteries conviviales, où il mettait en frais son imaginative, entraînaient parfois avec elles l’exil, la confiscation et même la mort pour ceux que le sort n’avait pas favorisés. Heureux celui qui en était quitte pour dix mouches, dix œufs, dix toiles d’araignée, à fournir ou à recevoir! Les femmes, quelquefois les prostituées ramassées dans les rues, qui assistaient à ces orgies et qui en subissaient toutes les vicissitudes, étaient ordinairement les mieux partagées et se retiraient, épuisées de lassitude, le visage décomposé, le corps meurtri, les vêtements en lambeaux, mais chargées de butin. La plus misérable, et la plus déchue, que sa bonne étoile avait amenée à la table de l’empereur, pouvait se vanter d’avoir été un moment presque impératrice, car Héliogabale prenait son plaisir partout, pourvu qu’il n’eût pas affaire deux fois à la même femme (idem mulieres nunquam iteravit, præter uxorem). Enfin, les courtisanes de Rome avaient le droit de venir se prostituer, au lupanar impérial qui restait ouvert jour et nuit dans l’intérieur du palais (lupanaria domi amicis, clientibus et servis exhibuit). Courtisanes et gitons se recommandaient d’eux-mêmes à sa sollicitude paternelle: un jour, il leur fit distribuer la septième partie des approvisionnements de blé que Trajan et Sévère avaient accumulés dans les greniers publics, et qui pouvaient subvenir à sept années de disette.

Ce monstre à face humaine déshonora l’Empire pendant un règne de quatre ans où il entassa toutes les extravagances, toutes les atrocités, toutes les débauches, toutes les abominations qui peuvent outrager la nature. Il se glorifiait d’imiter Apicius dans sa vie privée, et, sur le trône, Néron, Othon et Vitellius. Il n’avait pourtant que dix-huit ans, lorsqu’il fut tué par des bouffons dans les latrines où il s’était caché. Les soldats, qui avaient conspiré pour délivrer Rome et le monde d’un pareil empereur, sévirent aussi contre ses complices et leur firent endurer différents supplices, arrachant aux uns les entrailles et empalant les autres, afin, disaient-ils, que leur mort ressemblât à leur vie (ut mors esset vitæ consentiens). Le traîné, l’impur, comme le surnommèrent ceux qui traînaient son corps dans les fanges de la ville, ne devait pas avoir d’égal dans l’histoire des empereurs, et, après lui, l’humanité sembla se reposer, sous la bienfaisante influence d’Alexandre Sévère, en ouvrant les yeux à la lumière de la morale évangélique. Mais, avant que le christianisme, qui envahissait de toutes parts la société païenne, eût mis un frein aux passions sensuelles et constitué la police des mœurs dans les gouvernements, on vit encore les empereurs qui se succédaient sur le trône, comme les histrions sur un théâtre, donner au peuple l’exemple contagieux de tous les écarts de la Prostitution. Presque tous s’adonnèrent à la débauche, presque tous se laissèrent aller à de monstrueux raffinements de dépravation. Gallien, qui ne vécut que pour son ventre et ses plaisirs (natus abdomini et voluptatibus), imitait quelquefois Héliogabale: il invitait un grand nombre de femmes à ses festins, et alors il choisissait pour lui les plus jeunes et les plus belles, laissant les laides et les vieilles à ses convives. Si le divin Claude, comme pour faire oublier aux Romains l’impur Gallien (prodigiosum), régna en philosophe chaste et modeste; si Aurélien réprima le luxe par des lois somptuaires et punit rigoureusement l’adultère, même parmi les esclaves; si l’empereur Tacite défendit d’établir des mauvais lieux dans l’intérieur de Rome, défense qui ne put être maintenue (meritoria intra urbem, stare vetuit, quod quidem diu tenere non potuit); s’il fit fermer les bains publics pendant la nuit; s’il interdit les habits de soie et les profusions du luxe efféminé; si Probus a été vraiment digne de son nom; Carin, prédécesseur de Dioclétien, fut, en revanche, suivant les termes de Flavius Vopiscus, «le plus débauché de tous les hommes, le plus effronté des adultères et des corrupteurs de la jeunesse, et poussa l’infamie jusqu’à se prostituer lui-même (homo omnium contaminatissimus, adulter, frequens corruptor juventutis, ipse quoque male usus genio sexus sui).» Il avait pour préfet du prétoire un vieil entremetteur, nommé Matronien; pour secrétaire, un impur (impurum), avec lequel il faisait toujours sa méridienne; pour amis, les êtres les plus pervers. Il se souilla des vices les plus infects (enormibus se vitiis et ingenti fœditate maculavit), et il ne respecta rien (moribus absolutus). Mais Dioclétien balaya toutes ces immondices qui avaient fait du palais des empereurs un lupanar; et Dioclétien, qui fut un chrétien par la chasteté de ses mœurs et par la moralité de ses lois, quoiqu’il ait cruellement persécuté les chrétiens, Dioclétien le sage, l’austère, le philosophe, eut pourtant l’odieux courage de faire de la Prostitution un des supplices qu’on infligeait aux vierges et aux matrones chrétiennes! C’est pourtant sous Dioclétien que semble s’arrêter l’histoire de la Prostitution romaine.

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE ET DU TOME DEUXIÈME.

TABLE DES MATIÈRES
DU DEUXIÈME VOLUME.