Sous Philippe de Valois le comte de l'étable, qualifié alors de connétable, étant devenu le premier officier militaire de la couronne et chef de l'armée, l'autorité supérieure sur l'écurie du roi passa au premier écuyer, qui alors prit le titre de grand-écuyer. Ainsi le connétable et les maréchaux de France ses subordonnés immédiats, cessèrent d'être officiers de la maison, pour être uniquement officiers de la couronne; et un nouvel officier s'éleva dans la maison, mais sans inféodation et sans juridiction; ce fut le grand-écuyer. En 1440, Louis XI qualifia le grand-écuyer, de grand-écuyer, de France.


Le grand-chambrier, nommé cubicularius sous la première race, camerarius sous Charlemagne, avait pour fonction domestique, au commencement de la troisième race, de régler tout ce qui regardait l'habillement de la personne du roi; et pour la facilité ou la sûreté de ce service, il avait juridiction sur les merciers, frippiers, cordonniers, pelletiers, fourreurs, boursiers et autres semblables[35]. Sa juridiction en 1474 s'étendait à dix-sept métiers de Paris. Il vendait les métiers de savetier, de basanier, de sellier, de lormier, boursellier, gantier. Le grand-chambrier avait de plus le droit ou plutôt le devoir de surveiller les recettes et dépenses de la maison du roi et celles de l'État. Il avait juridiction sur les comptables, excepté ceux du service de la bouche.


À la fin du règne de Louis IX, le pouvoir politique des grands officiers de la couronne fut réduit à ce qu'il était du temps de Charlemagne. Ils cessèrent de signer les actes de l'autorité royale et d'y concourir. C'est le privilége de la vertu, du talent, de la vaillance surtout, de rendre les peuples moins soigneux des garanties politiques qu'ils se sont données contre l'oppression. Mais les négliger, n'est pas y renoncer. D'ailleurs Louis IX, non plus que Charlemagne, n'avait la prétention de gouverner arbitrairement une nation généreuse. Les grands officiers conservèrent du moins leur indépendance, leur rang au parlement et aux assemblées nationales, leur juridiction sur les corps de métier dont l'industrie répondait à leur service; enfin ils demeurèrent près du trône, non plus comme censeurs, mais comme observateurs et témoins des actes qui en émanaient.


Les grands officiers dont nous avons parlé subsistaient encore à l'avènement de François Ier, mais avec plusieurs autres, tels qu'un grand-aumônier du roi, un grand-chambellan, un grand-écuyer de France, un grand-veneur de France, un grand-fauconnier de France.


Louis XI, en donnant à tous les grands officiers de sa maison civile le titre de grands officiers de France, avait confondu les anciens grands officiers de la maison et couronne avec les simples officiers de sa maison.

Nous venons de voir quel était l'état de la maison, voyons quel était celui de la cour.