La place de premier chambellan, dénuée de tout caractère d'office public, hérita des fonctions domestiques du grand-chambrier supprimé.


La place de grand-écuyer de France[38], élevée fort haut par Louis XI, fut maintenue dans son autorité sur les écuries du roi, distraite depuis long-temps de la charge de connétable.


Les offices de grand-veneur de France et de grand fauconnier de France, dont le titre paraît dater du règne de Charles VI[39], furent aussi maintenus dans leurs prérogatives: ils étaient possédés en fief. Le roi donna l'office de grand-fauconnier à René de Cossé, de qui il passa à Timoléon de Cossé, qui le possédait, dit Du Tillet, en 1616[40]; d'où l'on pourrait conclure que ce fief était héréditaire. Il donna l'office de grand-veneur à Claude de Lorraine, duc de Guise, père de François, tué par Poltrot, et aïeul de Henri, assassiné par Henri III: c'est de ce Claude de Lorraine et du cardinal, le grand ami de François Ier, que date le pouvoir de cette famille des Guises qui devait être si funeste à la France. La destinée de François Ier était de réunir dans sa cour les principes de tous les maux que la France devait éprouver long-temps après lui.

TROISIÈME DÉVELOPPEMENT.

AUGMENTATION D'OFFICIERS ET D'OFFICES.

Les officiers institués par ses prédécesseurs ne lui suffisaient pas: à son avènement à la couronne, dit Du Tillet, il institua les gentilshommes de la chambre en nombre effréné, et les chambellans peu nombreux qu'il avait trouvés, furent convertis en gentilshommes de la chambre. En 1545, il créa la charge de premier gentilhomme de la chambre, avec les attributions dont les officiers ainsi nommés jouissent encore; il lui donna pour cortége ce nombre effréné de gentilshommes ordinaires de la chambre.

Sous le règne de François Ier on vit une multitude de pages, pages de la chambre, pages de la grande écurie, pages de la vènerie. Ce sont ces pages que Henri II, fils de François Ier, montrait avec tant de complaisance à l'écuyer de l'empereur, comme un haras qu'il estimoit autant que ses haras de chevaux[41]. Outre ses pages, François Ier avait des enfants d'honneur: ce qui était plus, dit Hénault, que page de la chambre[42].

Nous avons vu que jusqu'à Louis XI les rois n'avaient eu de garde qu'en guerre, et que Charles VII, son père, n'avait pour sa garde personnelle que vingt-cinq archers. Louis XI, craintif et redoutable, avait établi une maison militaire de quatre cents hommes, dont deux cents faisaient la petite garde de son corps: Charles VIII, son successeur y avait ajouté une garde de deux cents arbalétriers à cheval, mais Louis XII les avait réformés. François Ier conserva la maison militaire de Louis XI, rétablit les deux cents arbalétriers de Charles VIII, et sa vanité enchérit ainsi sur la juste défiance de Louis XI contre des grands dont il ne cessait d'exciter la haine.