ADMIRATEUR.—A sot auteur sot admirateur.
Au jugement de saint Jérôme, il n’y a pas de si sot écrivain qui ne trouve un lecteur semblable à lui. Nullus tam imperitus scriptor est, qui lectorem non inveniat similem sui. (Præf. in lib. XII comment. in Isai.)—Boileau a enchéri sur cette pensée lorsqu’il a dit:
Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire.
On pourrait enchérir encore sur le vers de Boileau, attendu que pour un sot auteur il y a souvent cent plus sots admirateurs.—Champfort demandait plaisamment: Combien faut-il de sots pour faire un public?
ADMIRATION.—L’admiration est la fille de l’ignorance.
C’est-à-dire que les ignorants sont grands admirateurs.
Tout est géant dans la nature
Aux yeux étroits du peuple nain.
(Thomas.)
Quelqu’un a très bien dit: Moins on sait, plus on croit; moins on comprend, plus on admire; et Vauvenargues a remarqué avec raison que l’admiration est moins souvent une preuve de la perfection des choses que de l’imperfection de notre esprit.
«Les sots admirent quelquefois, mais ce sont des sots. Les personnes d’esprit ont en eux les semences de toutes les vérités et de tous les sentiments. Rien ne leur est nouveau: ils admirent peu; ils approuvent.» (La Bruyère.)